LA V° REPUBLIQUE SOUS PRESIDENTS DE DROITE ; DE GAULLE (1958-1965-1969) ; POMPIDOU (1969-1974) ; GISCARD D'ESTAING (1974-1981)
LA V° REPUBLIQUE SOUS DE GAULLE (1958-1969)
Période décisive de l’histoire contemporaine car le gl de gaulle revient au pouvoir à l’occasion de la crise algérienne et 1958 marque une rupture : rupture institutionnelle avec le renforcement du pouvoir exécutif et une nouvelle République sui dure encoure ; rupture avec la fin de Laguerre d’Algérie et la décolonisation ; rupture en politique internationale avec l’affirmation du rôle de la France dans le monde et la critique de l’allié américain. Mais il faut distinguer une évolution chronologique : de 1958 à 1965, les Français soutiennent massivement de Gaulle les choses changent après 1965 et la grave crise sociétale, sociale et politique de mai 1968 entamera l’autorité du gl qui démissionnera un an après en avril 1969.
I. 1958-1962 : L’ ETABLISSEMENT DU NOUVEAU REGIME
4 années décisives marquées par l’action déterminée de de Gaulle dans 3 domaine : donner à la France un régime stable, régler le guerre d’Algérie et le Pb colonial et redresser l’économie.
A. Le rétablissement de l’autorité de l’Etat après l’instabilité
1) La Constitution de 1958 : préparée par Michel Debré, elle a pour but de renforcer le pouvoir exécutif du président sans pour autant établir un régime présidentielle à l’américaine. (Doc 2 p282)
a)Pt élu pour 7 ans par un collège de 80000 gds électeurs mais surtout au suffrage universel par tous les Français lors de la réforme de d’oct. 1962 ce qui va donner au pt une nouvelle légitimité.
Chef de l’Etat, des armées (bombe atomique), il participe au pouvoir exécutif mais il empiète sur le pouvoir législatif : il a le droit de référendum : poser une question au peuple qui répond par oui ou non et la loi est adoptée : De gaulle utilisera souvent cette procédure (pour mettre fin à la guerre d’Algérie) pour vérifier si les Français sont d’accord avec lui et c’est d’ailleurs suite à un « non » à un référendum qu’il démissionnera en 1969. En cas de crise il peut selon l’art. 16 gouverner (il en usera lors de la crise d’avril 1961). Il peut dissoudre l’Assemblée législative et beaucoup de Présidents utiliseront cette possibilité. Il nomme le 1° ministre et si un conflit existe entre les 2, c’est le premier ministre qui s’efface en démissionnant. Mais le régime reste parlementaire car le l’Assemblée peut renverser le gouvernent du 1° ministre en votant une motion de censure donc la majorité des députés doit soutenir le 1° ministre. Le pouvoir législatif appartient à deux assemblées la chambre des députés (élue pour 5 ans) et le Sénat. Un conseil Constitutionnel veille à la Constitutionnalité des lois
La V° République n’est pas une régime présidentiel à l’Américaine où il n’y a pas de 1° ministre et où les ministres sont responsables devant le président qui ne peut dissoudre le Congrès. Originalité de la France avec un Pdt et un 1° ministre et l’on verra cela lors des périodes de cohabitation plus tard sous Mitterrand et Chirac.
b) la pratique des institutions : personnage hors du commun le gle de Gaulle va apparaître comme le véritable chef et son 1° ministre n’étant qu’un exécutant. De plus le Pdt se réserve la politique étrangère et la politique africaine. De gaulle inaugure un nouveau style avec un lien direct avec les Français : voyages en province, allocutions télévisées et tout cela sera repris par ses successeurs.
2) La vie politique est marquée par la domination du gle de Gaulle et de son mouvement. La constitution sera présentée aux Français le 4 septembre 1958 place de la république et les Français diront oui à plus de 79 % à la différence de la IV° république, par référendum le 28 septembre. IV° république, Sels le PCF et quelques hommes de gauche dont Mitterrand et Pierre Mendès France voteront non ! De Gaulle va créer un mouvement l’UNR (Union pour la Nouvelle république) qui permettra d’avoir une majorité stable et Michel Debré sera le premier 1° ministre d la V République. La gauche communiste et socialiste est défaite.
B. Résoudre la question de la décolonisation
1) Une urgence : l’Algérie. Appelé au pouvoir par ceux qui voulaient garder l’Algérie française de Gaulle va les décevoir. Il s’aperçoit que la guerre est coûteuse et que l’idée d’indépendance est inéluctable mais il procédera par étapes : en sept 1959 il parle du droit à l’autodétermination du peuple algérien, les Français acceptent cette idée par référendum en janv. 1961, les négociations commencent avec le GPRA et les militaires partisans de l’Algérie française tentent un putsch à Alger en avril 1961 : (doc 4 p282), de
Gaulle utilise l’art 16 et le putsch échoue en une semaine ! Un an de négociations entravées par les partisans de l’Algérie française qui ont crée une organisation terroriste (l’OAS orga de l’armée secrète) qui multiplie les attentats. Finalement en mars 1962, les accords d’Evian reconnaissent l’indépendance de l’Algérie (approuvées par référendum de plus de 90% de oui) et plus de 800 000 Pieds-noirs gagnent la métropole pour ne pas devenir Algériens
2) En Afrique noire : parallèlement à la guerre d’Algérie, de Gaulle va proposer aux colonies africaines une autonomie élargie dans le cadre de la Communauté en 1958 et en 1960, ces pays deviendront indépendants mais le pdt de la République aura toujours un œil sur l’Afrique !
Ainsi de Gaulle aura donc sortit la France du bourbier de la décolonisation dans lequel la IV République l’avait plongé. Il va pouvoir se consacrer à sa grande œuvre : le rayonnement international de la France !
II. 1962/1967 L’APOGEE DU GAULLISME : « Une certaine idée de la France »
A. La politique d’indépendance nationale de la France. On pourrait résumer le gaullisme à cette idée : la France est une vieille et une grande nation qui a un rôle, un message à délivrer aux autres nations et pour cela elle doit être le plus libre possible. Or depuis la guerre froide la France est l’alliée des EU. De Gaulle ne remettra pas en cause cette alliance et d’ailleurs lors de la crise de Cuba en 1962 il sera le premier à soutenir Kennedy contre Krhouchtchev. Mais De gaulle entend rester libre face aux Américains. Il developpera l’arme atomique (bombe française avec la théorie de la dissuasion) ; il se retira du Commandement intégré de l’OTAN en 1966 et les soldats américains stationnés en France depuis la fin de la 2° guerre devront quitter la France. C’est une rupture par rapport à la IV° République et de Gaulle représente une certaine forme d’antiaméricanisme qui caractérisera la France jusqu’à l’élection de N. Sarkozy. Il condamnera l’intervention américaine au Vietnam lors du discours de Pnon Phen au Cambodge en 1967. Vis-à-vis de la construction européenne, de Gaulle qui n’y était pas très favorable, (il refuse toute idée d’Europe supranationale) ne remettra pas en cause le traité de Rome mais il se battra pour garder la règle de l’unanimité pour les décisions européennes et il opposera son veto à l’entrée de la GB dans la CEE car pour lui elle est trop liée aux EU.
B.La politique économique vise à donner à la France les moyens de sa politique extérieure. De Gaulle est pour une politique monétaire fondée sur l’or et il se méfie du dollar, les 30 glorieuses assurent une croissance élevée stimulée par le Marché commun ; la monnaie est devenue stable ; l’agriculture se modernise (exode rural, croissance urbaine), les industries stimulées par la croissance démo et le Marché Commun deviennent compétitives et la société française change considérablement entrant pendant les « sixties » dans la société de consommation (cf. cours). Mais les inégalités sociales persistent et la pratique autoritaire du pouvoir va entraîner une désaffection de certains français vis-à-vis de Gaulle et lors des élections présidentielles de 1965, les 1° au suffrage universel !, il pensait l’emporter haut la main (il n’a pas fait de campagne) or il n’a pas obtenu la majorité absolue au premier tour et donc au 2° il a dû r le candidat de la gauche Mitterrand et en 1967 aux élections législatives, les partisans de Gaulle garderont de justesse la majorité. Cette défiance va exploser dans la crise de mai-juin 1968.
III.1968/1969 La France ébranlée
En 1968 un mouvement de contestation né dans la jeunesse va entraîner un mouvement social et une grave crise politique qui remet profondément en cause l’autorité du général !
1) Le mouvement étudiant est parti de l’Université de Nanterre (banlieue parisienne) et il traduit à la fois le gonflement des effectifs (baby boom a 20 ans), la contestation de l’enseignement et d’une société autoritaire et bloquée. Ce mouvement a aussi lieu dans d’autres pays (EU contre la guerre du Vietnam Hyppies « peace and love », contestation de la société de consommation qui n’apporte pas le bonheur !). La contestation se déplace à Paris (Sorbonne) et la police ayant fermé l’université, des émeutes avec barricades se produisent à Paris du 3 au 13mai 1968 ! Les syndicats ouvriers prennent la défense des étudiants et la crise devient une crise sociale avec près de 10 millions de grévistes : la France est paralysée. De Gaulle semble débordé et laisse son premier ministre Pompidou gérer la crise. Elle devient alors politique : les Français ont l’impression qu’il n’y a plus de pouvoir ! Les accords de Grenelle négociés par les syndicats, le patronat et le gouvernement le 27 mai ne mettent pas fin la grève : la situation devient incontrôlable et dans ce contexte on apprend que le pdt a disparu le 29 mai : personne ne sait où il est pas même le 1° ministre ! Il est allé en Allemagne voir le gl Massu qui
commande les forces françaises. On ne sait pas ce qu’il se sont dit, mais lorsqu’il revient le 30 mai de Gaulle retourne l’opinion en annonçant qu’il va dissoudre l’Assemblée et provoquer des élections : ses partisans font une manifestation monstre sur les Champs Elysées, la grève va peu à peu se terminer ; les élections sont largement gagnées par le nouveau parti gaulliste l’UDR (Union pour la Défense de la République). De Gaulle a « gagné » mais il est fragilisé et en 1969 il propose aux Français un référendum sur la décentralisation et la régionalisation, pour tester sa popularité : une partie des ses soutiens dont Valéry Giscard d’Estaing le lâchent, le « non » est majoritaire avec 53% des voix et de Gaulle démissionne le 28 avril comme il l’avait indiqué. Il meurt l’année suivante ! Son retour au pouvoir aura duré 11 ans et il faut en retenir la conception du rôle international de la France ainsi que la décolonisation qui s’ajoutent à l’image de Gaulle qui a incarné la Résistance durant la 2° guerre !
LA V° REPUBLIQUE APRES DE GAULLE (1969/1981)
Cette période est caractérisée par la marque de deux présidents « de droite ». Le premier Georges Pompidou héritier du gl de Gaulle va être écourté par la mort du pdt pendant ses fonctions. Puis en 1974 Valéry Giscard d’Estaing. Il est de droite ancien ministre du gl mais il n’est pas gaulliste, il incarne une vision libérale de la politique mais il se trouvera confronté à la crise économique qui va se développer à partir de 1974 !
I.LA PRESIDENCE DE POMPIDOU (1969/1974)
Dauphin du général ce gaulliste est élu 1969 au deuxième tour face à un candidat centriste. Sa présidence doit être divisée en 2 parties : de 1969 à 1972 et 1972/1974.
1) 1969/1972 : Il confie le poste de1° ministre à un gaulliste « historique » résistant Chaban Delmas. Celui-ci a compris que les politiques devaient comprendre ce que la société française avait dit en mai 68. Donc il propose une « nouvelle société » en faisant des réformes sociales (SMIC à la place du SMIG ; meilleure concertation entre syndicats et patronat, réforme universitaire…) mais tout cela semble trop à gauche pour le pdt et de nombreux gaullistes. Il devra démissionner en 1972.
2) Pompidou va accepter l’entrée de la GB dans l’union européenne (référendum qui ne passionne pas les Français) et il s’attachera à moderniser les entreprises en favorisant la constitution de grands groupes pour faire face à la concurrence internationale. Mais surtout il devra faire face à la montée de l’union de la gauche, parti socialiste de Mitterrand, parti communiste et radicaux qui progressent en raison du mécontentement social grandissant et des mouvements de société : poussée du féminisme et des revendications écologiques et régionalistes, ainsi que la jeunesse qui demande plus de liberté. Le 2 avril 1974 Pompidou qui était malade d’un cancer meurt : il faut organiser une nouvelle élection car il n’ y a pas de vice-président dans la constitution française à la différence de celle des
EtatsEU.
II.LA PRESIDENCE DE VGE (1974/1981)
Ce brillant économiste, jeune (il a 48 ans) bat de justesse au 2° tour le socialiste Mitterrand candidat de la gauche. VGE a bénéficié du soutien de certains gaullistes en particulier de J Chirac (42 ans). VGE est le 1° président non gaulliste. La encore on peut diviser son septennat en 2 parties.
1) De 1974 à 1976 : » le mouvement « VGE et son 1° ministre Chirac ont compris que la société avait changée et donc on abaisse la majorité à 18 ans, égalité totale au niveau juridique entre hommes et femmes, plus d’indépendance à la radio et à la TV publiques, ministère de la condition féminine et surtout la loi proposée par la ministre de la santé Simone Veil qui autorise l’IVG dans certaines conditions (1974)…extension de la sécurité sociale...et un changement dans la manière de présider : il s’invite à manger chez les Français et invite des immigrés à déjeuner à l’Elysée. Mais 1974 voit la crise se développer dans le monde avec l’inflation et la montée chômage : il y a désaccord entre le 1° ministre Chirac qui veut une politique de relance et VGE favorable à une politique de « rigueur »
2) De 1976 à 1981 Raymond Barre «le meilleur économiste de F » selon VGE devient 1° ministre. Ce membre d’une grande famille réunionnaise n’est pas un homme politique et est totalement inconnu des Français. Il va pratiquer une politique de rigueur afin de faire baisser l’inflation pour permettre d’être plus compétitif. De plus il aide les entreprises à se restructurer (baisse des emplois dans la sidérurgie). Cette politique mécontentement fortement les salariés qui voient leur pouvoir d’achat baisser et donc la gauche progresse mais la désunion entre le PCF et le PS de Mitterrand permet à Raymond Barre de gagner les élections législatives de 1978. En 1979 le second choc pétrolier vient compromettre la politique mise en œuvre : le chômage est passé de 1 million à 1,5 million et l’inflation atteint plus de 10% ; la rigueur a échoué. L’élection présidentielle de 1981 s’avère décisive et ce sera encore un duel entre VGE le candidat socialiste Mitterrand.