MONDIALISATION

Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 13:21
Les deux Soudan prêts à la guerre de l'or noir           in Lefigaro.fr

Mots clés : PétroleSoudanSoudan Du Sud

Par Tanguy BerthemetPublié le 08/02/2012 à 07:15 Réactions (4)
Afin d'éviter le bloquage de son brut, exporté par les ports contrôlés par Khartoum, le Soudan du Sud a préféré fermer ses puits fin janvier sous la surveillance de l'armée.
Afin d'éviter le bloquage de son brut, exporté par les ports contrôlés par Khartoum, le Soudan du Sud a préféré fermer ses puits fin janvier sous la surveillance de l'armée.Crédits photo : HANNAH MCNEISH/AFP
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Khartoum et le nouvel État indépendant du Sud sont en désaccord  sur le partage de la manne pétrolière.

«Le climat actuel est plus proche d'un climat de guerre que d'un climat de paix.» La petite phrase du président soudanais, Omar el-Béchir, lancée vendredi, a sonné comme l'aveu que Khartoum se prépare à un conflit avec ses anciennes provinces méridionales. Le Soudan du Sud, pays qui a arraché son indépendance du voisin nordiste en juillet dernier après trois décennies de guerre civile, n'a pas répondu. Mais nul ne doute que Juba envisage aussi l'option des armes.

La crise s'est nouée autour du pétrole. Avec l'indépendance, le Nord voyait s'envoler environ 70% de ses réserves, désormais situées dans la nouvelle nation. Une perte à laquelle Khartoum ne s'est jamais vraiment résolu. Or, le Soudan du Sud, État enclavé, dépend pour exporter son brut des oléoducs traversant le Nord. Mais jamais les deux pays ne sont parvenus à se mettre d'accord sur un droit de passage et un partage de la manne.

Les négociations piétinent en fait depuis 2005 et l'accord de paix global (CPA) qui a mis fin à la guerre civile et ouvert la voie à l'indépendance. Les exigences sont trop éloignées. Le Nord demande 74.000 barils par jour (b/j) sur une production sudiste supposée de 350.000 b/j ou une taxe de 36 dollars par baril, très au-dessus des normes selon les experts. Juba ne propose que… 1 dollar. Un prix très en dessous des usages.

Une dîme vitale pour Khartoum

Pour Khartoum, cette dîme est vitale. La baisse de la rente pétrolière a déjà provoqué une crise économique profonde, une forte inflation au Soudan du Nord et un large mécontentement. Selon un diplomate, un appauvrissement supplémentaire mettrait plus encore en danger le régime et le Parti du Congrès national (NCP).

Fin janvier, Khartoum accusait Juba de ne pas payer ses frais de transit et saisissait 1, 7 million de barils de brut avant de coincer dans ses ports quatre pétroliers contenant 2,2 millions de barils. Jusqu'alors larvée, la crise a dès lors éclaté. Par mesure de rétorsion, Juba, qui estime à plus de 800 millions de dollars la valeur du brut «volé», fermait ses puits.

L'Union africaine, réunie en sommet à Addis-Abeba le 29 janvier dernier, a tenté une médiation pour enfin trouver une solution au vieux contentieux pétrolier entre les deux pays. En vain. Juba a demandé, avant tout règlement du problème pétrolier, que l'ensemble des autres dossiers laissés pendants depuis 2005 soient réglés, et notamment le tracé de la frontière entre les deux pays, jamais défini. «Le Soudan doit reconnaître les frontières de 1956 et rendre toutes les zones encore occupées», a insisté Stephen Dhieu Dau, le ministre sud-soudanais du Pétrole. Une exigence inacceptable pour Khartoum.

«La situation a atteint un point critique»

En parallèle, pour faire encore monter la pression, le gouvernement sud-soudanais a révélé avoir signé avec le Kenya un accord pour la construction d'un oléoduc pour exporter directement son pétrole sans passer par le Nord. Si les experts doutent de la faisabilité et de la rentabilité d'un tel projet, la menace est néanmoins réelle pour Khartoum. «Le premier coup de pelle de ce pipeline serait un casus belli pour le Nord», assure un diplomate qui se dit «inquiet».

La secrétaire général de l'ONU ne se montre guère plus optimiste. «La situation a atteint un point critique, elle est devenue une menace majeure pour la paix et la sécurité dans toute la région», affirmait Ban Ki-moon la semaine dernière.

Sur le terrain, les tensions pétrolières ont des répercussions de plus en plus évidentes. Juba et Khartoum s'accusent mutuellement d'armer des milices. Dans les zones frontalières disputées, notamment les provinces du Nil Bleu et du Kordofan du Sud, les conflits locaux s'enchaînent, aiguisant les haines tribales et provoquant des centaines de morts.

Selon l'ONU, 120.000 personnes auraient déjà été déplacées par ces conflits, fuyant le Nord pour trouver refuge au Sud. Une guerre ouverte entre les frères ennemis provoquerait un afflux vingt fois plus important auquel le plus jeune État du monde serait totalement incapable de faire face.

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» Sud-Soudan: naissance d'une nation

Par jp guillerot - Publié dans : MONDIALISATION
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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 12:51
  • Sud-Soudan : naissance d'une nation

    Mots clés : Sud-SoudanIndépendanceAFRIQUE

    Par Pierre PrierMis à jour le 24/06/2011 à 18:07 | publié le 25/06/2011 à 18:06 Réactions (29)
    Les bergers sont nombreux au Sud-Soudan. Ici, des Dinkas. Animistes ou chrétiens, et très hostiles à l'islamisation, ils se sont battus en masse contre le Nord. (Cédric Gerbehaye/Agence VU)
    Les bergers sont nombreux au Sud-Soudan. Ici, des Dinkas. Animistes ou chrétiens, et très hostiles à l'islamisation, ils se sont battus en masse contre le Nord. (Cédric Gerbehaye/Agence VU)
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    Le 9 juillet prochain devrait être proclamée l'indépendance de la région du Sud-Soudan, malgré la reprise des combats avec le Nord musulman, qui rechigne à accepter cette partition. Car ce nouvel État à dominante chrétienne suscite toutes les convoitises pour ses richesses pétrolifères. Un pays à peine né, et déjà fragilisé...

    Debout au premier rang des fidèles, le prochain président du nouvel État africain du Sud-Soudan se balance doucement au rythme des cantiques. Salva Kiir, ancien guérillero en boubou violet, grand, mince, très droit, bat la mesure de ses mains fines en chantant avec les fidèles. C'est un dimanche de janvier dans la cathédrale de Juba, future capitale de 1 million d'habitants aux toits de tôle ondulée et aux rues défoncées. Un dimanche particulier: ce jour-là, l'archevêque, Mgr Paulino Lukudu Loro, célèbre aussi bien la messe que la naissance de l'Etat. Les bureaux de vote viennent de fermer. Théâtral, l'archevêque fait porter sur l'autel une urne en plastique, «symbole de toutes les urnes du Sud-Soudan», dit-il. «Je demande à ceux qui vont dépouiller de ne pas tricher», s'enflamme-t-il. Avant de conclure par une plaisanterie qui fait rire l'assistance: « Et j'espère qu'ils ne boivent pas!» En réalité, tout le monde connaît déjà le résultat: un scrutin massivement pour l'indépendance, qui se traduira par 98,83 % de votes positifs sur quelque 4 millions d'électeurs.

     

    Même au bord du Nil, comme ici, la terre est pauvre et les troupeaux (bovins, ovins et caprins) sont efflanqués. (Cédric Gerbehaye/Agence VU)
    Même au bord du Nil, comme ici, la terre est pauvre et les troupeaux (bovins, ovins et caprins) sont efflanqués. (Cédric Gerbehaye/Agence VU)

     

    Le 9 juillet prochain, au terme d'une période de transition de six mois, le Sud-Soudan autonome va devenir le 193e Etat sur la carte du monde. Son chef sera catholique. Et il aura du pétrole. En se séparant du Nord, il emportera 80 % environ des quelque 500.000 barils/jour produits actuellement. L'événement est inédit. La géographie africaine contemporaine était fondée sur un interdit : on ne touche pas aux frontières de la colonisation. Le tabou a volé en éclats. Il faut dire que le Soudan, plus vaste Etat d'Afrique, grand comme presque cinq fois la France, n'a jamais vraiment constitué une nation. Sous la domination égyptienne, le Sud peuplé de pasteurs africains était vu par le Nord comme une terre de razzias et un réservoir d'esclaves. Les Britanniques, eux, tracèrent une frontière symbolique au sud de laquelle les missionnaires, particulièrement l'ordre italien des Comboni, pouvaient évangéliser librement. Et dès l'indépendance de 1956, une guerre civile Nord-Sud a commencé. La division était autant ethnique que religieuse. Les rebelles du Sud, animistes et chrétiens, mais aussi musulmans, se sont appelés Armée de libération du Soudan. Ils se sont d'abord battus pour un Soudan unifié où tous seraient égaux. Et puis, au fil des années de guerre sans merci contre un gouvernement dirigé depuis le coup d'Etat militaire de 1989 par un régime d'inspiration islamiste, le Nord a ajouté l'agenda religieux à ses griefs contre le Sud. Il a tenté de lui imposer la charia, la loi islamique. Et parmi les combattants sudistes, l'idée de l'indépendance a fait son chemin. En janvier 2005, un accord de paix parrainé par les États-Unis mettait fin au conflit. Il prévoyait un référendum d'autodétermination six ans plus tard. En août de la même année, John Garang, le chef charismatique de la rébellion sudiste, mourait dans un accident d'hélicoptère. Sa disparition a sonné le glas de l'unité soudanaise. Garang, ancien officier de l'armée soudanaise, était unioniste. Son successeur est indépendantiste.

    Le peuple aussi, et, le jour du référendum, il est allé le dire jusqu'à la tombe de Garang. En janvier dernier, un bureau de vote est installé juste à côté du mausolée du héros national, respecté presque comme un saint. «Vous venez prier?» demande la sentinelle à l'entrée de l'esplanade. Mais les électeurs de Juba, eux, sont venus respectueusement confier au «Dr Garang» qu'ils ne veulent plus du Nord. «Bye bye les djellabas» disent en riant les centaines d'hommes et de femmes qui font la queue sous le soleil pendant des heures. Presque tous ont perdu un frère, un père, une mère sous les bombardements des Antonov nordistes, ou dans les raids contre villes et villages. «Ils nous ont toujours considérés comme des esclaves», dit Mary, mère de famille et veuve de combattant.

     

    Des décennies de guerre civile ont tout ravagé. (Cédric Gerbehaye/Agence VU)
    Des décennies de guerre civile ont tout ravagé. (Cédric Gerbehaye/Agence VU)

     

    Aujourd'hui, les Dinkas, les Nuer et les Chilouk prient pour leur pays à venir. La cathédrale est une grande bâtisse en brique, surmontée à l'extérieur de l'inscription «Hic est domus Dei». L'ambiance est fervente. Des mamas en robe blanche barrée d'une écharpe verte avec l'inscription «Legio Mariae» en lettres blanches font le service d'ordre. L'archevêque répète sur tous les tons qu'aujourd'hui, c'est une prière de gratitude, l'occasion de dire merci à Dieu puisque, de toute façon, «c'est sa volonté qui est faite à travers le vote». A l'entendre, le dessein de Dieu peut même être discerné dans la mort de Garang l'unioniste. «Même la trahison de Judas fait partie de la volonté de Dieu...» La thèse de la trahison, du sabotage de l'hélicoptère du leader, jamais démontrée, connaît une grande vogue au Sud.

    Vient le moment des intentions de prière. Le Président prend sa place dans la file. Il prêche le pardon. «Prions pour ceux qui sont tombés pendant le temps du combat, dit-il d'une voix grave, ajoutant: et pardonnons à ceux qui ont causé leur mort.» A Juba, le christianisme a le vent en poupe. Une université catholique, Sainte-Marie, a été inaugurée en 2009. L'église anglicane est également très présente. Un Etat chrétien et pétrolier est-il en train de naître au cœur de l'Afrique de l'Est? Sœur Roassa, religieuse espagnole dirigeant une radio subventionnée par le Vatican, n'aime pas beaucoup l'idée: «Un Etat chrétien? Il n'y en a aucun dans le monde qui se définisse comme cela. Il y a des Etats qui se définissent comme islamiques, mais chrétiens, non.» Certes, la radio est ancrée dans une histoire conflictuelle. Son nom, Bakhita FM, est celui d'une sainte qui fut esclave. Mais l'Eglise soudanaise se veut accueillante. «Il y a des musulmans au Sud, qu'ils soient originaires du Nord ou qu'ils viennent des ethnies locales. Nous en accueillons tous les jours sur nos ondes.»

     

    Tout est à construire, à commencer par une armée, telle qu'on la voit , à l'entraînement. (Cédric Gerbehaye/Agence VU)
    Tout est à construire, à commencer par une armée, telle qu'on la voit , à l'entraînement. (Cédric Gerbehaye/Agence VU)

     

    Le représentant de ces musulmans du Sud qui veulent participer à l'édification de l'Etat, c'est le général El-Tahir Bior Abdallah Ajak, secrétaire général du Conseil islamique du Sud. Ex-militaire de l'armée soudanaise, il a fait défection pendant la guerre civile pour se battre aux côtés des sudistes. Lui aussi croit à la cohabitation. La preuve: «Je suis allé récemment à Djedda, en Arabie saoudite, pour plaider la cause du Sud-Soudan auprès de la Banque de développement islamique. J'étais accompagné de mon ami Victor Luol Achak, un chrétien, ministre de l'Energie dans le gouvernement autonome.» El-Tahir Ajak espère toutefois obtenir également des fonds pour ses organismes de bienfaisance islamiques. «Nous sommes contre le fondamentalisme. Nous devons attirer les gens à la religion par l'exemple.» On devine que, pour lui, le Sud-Soudan reste un champ de bataille pacifique pour la conquête des âmes païennes. «D'après des chiffres que j'ai lus, nous sommes 18% de musulmans, 17% de chrétiens, et 65% d'animistes.» Chiffres invérifiables, même si les connaisseurs de la région s'accordent pour dire que la majorité de ses habitants restent en réalité fidèles aux religions de leurs ancêtres. Car la guerre n'a pas entamé la volonté de vivre ensemble. A Tékéréké, une bourgade à trois heures de Juba, les commerçants arabes venus du Nord, nombreux au marché, n'ont pas l'intention de se rapatrier après l'indépendance. Devant la mosquée voisine, un déjeuner rassemble sous un arbre quelques éleveurs locaux. Chrétiens ou musulmans? «Un chrétien, un musulman, un chrétien...», compte l'un d'eux en riant.

    Reste que la naissance d'un Etat disposant de ressources pétrolières et à forte composante chrétienne n'a rien d'anodin dans la région. Certes, sa production reste modeste comparée aux quelque 10 millions de barils/jour extraits par le géant saoudien. Mais ce pays enclavé qui aujourd'hui n'a rien, ni routes ni infrastructures, va pouvoir se développer en empruntant sur les marchés internationaux. Et sa richesse est peut-être encore à venir. «Il reste des zones immenses à explorer, dit Francis Perrin, directeur de la revue Pétrole et gaz arabes. Le Sud-Soudan ne sera jamais l'Arabie saoudite, mais il est tout de même possible de faire des découvertes importantes». Le pétrole soudanais n'est certes pas de très bonne qualité, mais quand on songe que le français Total dispose à lui seul d'un permis d'exploration de 118.000 kilomètres carrés, l'avenir semble prometteur.

     

    La dimension religieuse a toujours beaucoup compté dans le conflit entre le Nord (islamiste) et le Sud (animiste, chrétien et musulman). Face au Nord, qui voulait lui imposer la charia, le nouveau Soudan du Sud se dotera bientôt d'un président catholique. (Cédric Gerbehaye/Agence VU)
    La dimension religieuse a toujours beaucoup compté dans le conflit entre le Nord (islamiste) et le Sud (animiste, chrétien et musulman). Face au Nord, qui voulait lui imposer la charia, le nouveau Soudan du Sud se dotera bientôt d'un président catholique. (Cédric Gerbehaye/Agence VU)

     

    Le Sud-Soudan restera pourtant lié à Khartoum, au moins dans un premier temps, pour commercialiser son pétrole. Le seul pipeline dont il dispose rejoint ce qui sera demain le nouvel État du Nord-Soudan, avec de gros frais de transit à la clé. On évoque la construction d'un oléoduc vers la côte kényane, mais rien n'est décidé tant le coût et les délais apparaissent importants. Pourtant, il suffit de regarder la capitale pour comprendre que le Sud-Soudan se tourne vers l'Est. Les cadres des amis historiques - Kenya, Ethiopie, Ouganda - ont envahi la ville. Les professeurs sont kényans, les commerçants, ougandais, les hôtels, pour l'instant installés dans des Algeco améliorés, sont presque tous tenus par des Erythréens, et souvent propriétés d'investisseurs indiens du Kenya. Les Chinois arrivent, eux aussi. La société nationale de pétrole chinoise, qui exploite l'or noir soudanais, espère bien rester. Et on a vu apparaître un Beijing Hotel et une Chinese clinic...

    Cette nouvelle donne intéresse naturellement les puissances occidentales, qui espèrent la naissance d'un nouvel allié à la frontière du problématique Etat du Nord, toujours en guerre au Darfour et toujours suspecté de redevenir un sanctuaire terroriste. Le Sud-Soudan intéresse aussi beaucoup les Israéliens, ravis de voir s'ajouter un point de chute potentiel dans la région. Salva Kiir reste cependant prudent. Dans son discours à la cathédrale de Juba, il change soudain de registre pour démentir l'achat d'avions de combat israéliens, annoncé par la chaîne qatariote al-Jezira. «Ce n'est pas vrai. Ceux qui disent cela sont des ennemis du Soudan. Nous n'amènerons pas les Israéliens ici.»

    Parmi les pays arabes, l'Egypte n'est pas le moins inquiet. Le Sud-Soudan contrôlera le Nil Blanc, qui rejoint le Nil Bleu à Khartoum. Mais pour l'instant, le Sud-Soudan, pas encore né, a d'autres soucis. La guerre pourrait reprendre sur les frontières, surtout dans la région disputée d'Abyei, et en d'autres endroits où les démarcations restent floues, et où des milices sudistes favorables à Khartoum ont repris les armes. Comme si le Nord ne se résolvait pas, finalement, à l'amputation d'un tiers de son territoire.

Par jp guillerot - Publié dans : MONDIALISATION
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 20:00

L'économie africaine, pour l'essentiel, repose sur les femmes"

 

Le président guinéen, Alpha Condé, le 23 mars 2011.

Le président guinéen, Alpha Condé, le 23 mars 2011.AFP/JOHANNA PYNEEANDEE

 

Le président de la Guinée, Alpha Condé, qui s'est rendu à Davos avant de participer au sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba, veut "donner une nouvelle image de l'Afrique". Entretien.

Avant de vous rendre au sommet de l'Union africaine, vous êtes venu à Davos où il a été beaucoup question de la crise du capitalisme et de nouveaux modèles économiques. Ces débats ont-ils un sens pour vous ?

Alpha Condé : Moi, je suis pragmatique. Le modèle, c'est un débat intellectuel, c'est un débat de riches. L'Afrique a des problèmes très concrets. La base de notre développement c'est l'agriculture : il faut d'abord donner à manger. L'énergie est aussi un problème, car sans énergie on ne peut pas développer un pays. L'éducation, la santé, le rôle des nouvelles technologies. Donc plutôt que de parler de modèle, j'essaie de voir des expériences, et là où elles ont réussi, quelles leçons nous pouvons en tirer. Par exemple, je suis allé récemment au Brésil, pour voir comment l'agriculture est organisée.

Nous, nous sommes une économie pré-industrielle. Vous, vous êtes une économie post-industrielle, financière. Nous demander de mener votre politique, ça n'a pas de sens. Par exemple, on nous dit de ne pas subventionner nos produits, mais vous savez très bien que vous subventionnez vos produits. On nous dit que l'Etat ne doit pas intervenir, mais on sait bien que pendant la crise, l'Etat est intervenu partout. Le libre jeu du marché que l'on vantait tant a abouti à la grande crise. En Afrique, nous devons essayer de mettre en commun notre politique pour l'énergie, les infrastructures, le commerce intérieur. Car pour avoir un marché assez large, il faut supprimer ces frontières. C'est pour cela que je me bats pour proposer à l'Union africaine (UA) qu'on ait au moins ces trois ministres-là. Si on a un ministre de l'énergie, on peut faire tourner un barrage. Le Congo seul n'a pas la force.

Au cours d'un débat à Davos, vous avez dit que le changement en Afrique "dépend d'abord de ses dirigeants". Que voulez-vous dire ?

Pour qu'on vous respecte, il faut d'abord vous respecter vous-mêmes. Quand on dit qu'on commence un sommet à 9 heures, il faut le commencer à 9 heures, pas à midi. Ensuite, regardez ce qui se passe avec les chefs d'Etat à l'Union Africaine (UA). Plusieurs d'entre nous avons pensé qu'au sommet d'Addis Abeba nous allions nous pencher sur les problèmes concrets. Mais au lieu de les affronter, on se retrouve plongés dans des questions de candidatures. [Les membres de l'organisation n'ont pas réussi à élire le nouveau président de la Commission après quatre tours de scrutin]. Nous sommes beaucoup à penser qu'il faut changer le fonctionnement de l'UA.

Il faut donner une nouvelle image de l'Afrique. Une des tares de l'Afrique, qu'on nous reproche beaucoup, c'est la corruption. Il faut d'abord agir sur la gouvernance, appliquer la transparence, et que les ressources de l'Afrique profitent réellement aux populations africaines, particulièrement aux femmes et aux jeunes. Renégocier les contrats miniers dans un sens gagnant-gagnant, que nos pays en profitent mais que les contrats soient quand même attractifs pour les sociétés minières. Que l'Afrique ne soit plus considérée comme un continent où règnent la corruption et le sida, où les chefs d'Etat ne pensent qu'à eux.

On oublie que la démocratie avance beaucoup en Afrique, que la population africaine est jeune et que cette jeunesse aspire au changement, on oublie que dans le moindre petit village, on reçoit l'information en même temps que vous, à Paris. La dictature repose sur l'ignorance des populations. Nous pouvons utiliser les nouvelles technologies pour accélérer l'histoire.

Pourquoi parlez-vous des femmes, en même temps que des jeunes ?

L'économie africaine, pour l'essentiel, repose sur les femmes. L'homme peut émigrer, laisser les enfants, mais la femme est obligée de rester pour donner à manger aux enfants. Ensuite, les femmes sont plus honnêtes. Quand vous donnez du micro-crédit, le taux de remboursement chez les femmes est de 90 %. Le développement de certains secteurs, comme l'artisanat, repose sur les femmes. Notre objectif c'est de transformer le secteur informel productif en PME. Les femmes sont plus honnêtes, plus sensibles, plus travailleuses, mais elles n'ont pas assez accès au crédit.

Dans votre pays, des élections législatives devaient être organisées six mois après votre élection, en novembre 2010, mais elles n'ont toujours pas eu lieu. N'est-ce pas un problème, pour un président qui veut changer l'image de l'Afrique ?

Je souhaite moi-même une organisation rapide de ce scrutin législatif pour doter la Guinée d'une Assemblée nationale représentative, qui s'attelle à l'examen des principales réformes. Cela étant, ma préoccupation est d'organiser des élections législatives crédibles, qui correspondent au souhait de tous les Guinéens de voir s'exprimer le suffrage universel, de manière totalement libre. Ce n'est pas l'exécutif qui organise l'élection, mais la Commission électorale nationale indépendante, composée des représentants de tous les partis politiques. Si le scrutin n'a pas encore été organisé, c'est parce qu'il faut aménager le fichier électoral, de manière à permettre aux Guinéens exclus jusque là du droit de vote d'être dotés d'une carte d'identité et d'une carte d'électeur hautement sécurisées. Il s'agit d'une opération de révision des listes électorales et non pas d'un recensement général, comme certains le prétendent. Sur toutes ces questions électorales, mon objectif est d'aboutir à un consensus national qui passe entre autres, par un dialogue politique avec l'opposition qui est en cours. Personne n'est plus pressé que moi d'aller aux élections législatives.

Propos recueillis par Sylvie Kauffmann
Par jp guillerot - Publié dans : MONDIALISATION
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 11:22

C'est le sujet le plus facile sur la mondialisation : question de cours. On vous donne le plan donc trois parties dans lesquelles il faut mettre des connaissances de base.

L'introduction : vous devez définir la  mondialisation : mise en relation des territoires du monde par des échanges considérables de biens matériels et immatériels, échanges multipliés par l'internationalisation de la production des biens et des services par les Firmes transnationales qui cherchent le profit le plus élevé et plus rapidement possible dans le cadre d'une économie capitaliste triomphante. Ces flux intenses sont rendus possibles par une révolution considérable des moyens de transport (maritime, aérien, terrestre) et surtout des moyens de communication (internet et téléphone portable...). Vous rappellerez que c'est la 3° mondialisation depuis les grandes découvertes au XVI° et qu'elle est en train de redéfinir l'espace mondial : déclin relatif de l'Europe et des EU, émergence de l'Asie orientale et en particulier de la Chine, ainsi que d'autres pays comme le Brésil ou l'Afrique du sud.....

 

Ainsi on vous demande dans une première partie de montrer comment elle se manifeste  par une explosions de flux de toutes sortes puis vous identifierez les différents acteurs de cette mondialisation et enfin vous présentez les limites de cette mondialisation. Pour faire un bon un bon devoir il faut donner quelques exemples précis.....

 

I. Une explosion de flux de flux


1 On constate des flux d'énergie hydrocarbures, de matières premières, de produits manufacturés et de produits agricoles et aussi des flux humains pour le travail ou pour le tourisme: vous prendrez quelques exemples avec les directions de ces flux nord sud ou sud nord comme pour les travailleurs non qualifiés

 

2 Causes de ces flux :  Ces flux sont rendus possibles par la révolution des moyens de transport (maritime, aérien terrestre) et de communication (ex) 

 

3 aspects géographique ces flux relient  les grandes façades maritimes Am du nord-est, façade de l'Europe du nord-ouest façade de l'Asie orientale mais aussi les grandes métropoles mondiales en particulier les flux financiers d'information et les flux humains...

 

4 Aspect culturel ....la mondialisation se traduit par une tendance à la uniformisation des consommations à l'échelle mondiale : nourriture (Coca cola, Mac Do) vestimentaire (Jeans..) et des distractions (musique, film séries tv...sports..) ce qui est considéré comme une américanisation du monde par certains.

 

transition : c'est dans ces métropoles mondiales que se trouvent les acteurs de la mondialisation

 

II. Acteurs de la mondialisation


1 Les organisations économiques mondiales comme l'OMC qui a fait baisser les droits de douane ainsi que la dérégulation des marchés financiers

 

2 Les acteurs transnationauxles Firmes Transnationales qui investissent à l'échelle mondiale dans le cadre de la division internationale du travail, avec les délocalisations...mais aussi les mafias de la drogue, du trafic d'armes de la prostitution...ainsi que le rôle des diaspora (personnes d'un pays qui vivent dans un autre pays et qui transmettent de l'argent au pays d'origine

 

3 Les organisation économiques régionales comme l'UE , l'ALENA, le Mercosur  qui en supprimant les droits de douane entre les pays membres facilitent considérablement le commerce : ex l'UE est la première zone commerciale mondiale.

 

4. Les Etats jouent encore un rôle en cherchant à attirer les investissements et rôle dans les négociations internationales pour les plus puissants (G20)

 

Transition : mais malgré tous ces flux, la mondialisation est un processus inachevé

 

III. Limites à la mondialisation 


1 Une mondialisation sélective géographiquement : domination de la Triade, essor des pays émergents (ex BRIC)  mais certains espaces sont marginalisés comme les PMA qui ont peu de produis à vendre....(surtout en Afrique noire)

 

2 Malgré la tendance à l'uniformisation culturelle, certaines cultures résistent et on assiste même par réaction à cette uniformisation à des replis identitaires et religieux

 

3 Certains comme les altermondialistes dénoncent cette mondialisation qui ne profiterait qu'aux riches et détruirait l'environnement et donc il cherchent  à en limiter les effets en s'appuyant sur l'opinion publique et les ONG qui s'occupent des pays pauvres ou de l'environnement

 

Conclusion : la mondialisation qui bouleverse les rapports entre les pays est un processus irréversible car il s'appuie sur des révolutions technologiques. Elle produit bien sur des inégalités mais a permis aussi à certains pays de se développer dans le carde de la DIT. Le problème est qu'elle ne prend pas en compte le développement durable et qu'il faudrait que les États les plus riches tentent de réguler celle-ci en imposant des mesures pour les plus pauvres et pour protéger l'environnement .... mais est-ce leur intérêt et en ont ils envie et les opinions publiques les pousseront-ils à prendre de telles mesures ?

 

Par jp guillerot - Publié dans : MONDIALISATION
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 10:55

CORRECTION DU DEVOIR SUR LA MONDIALISATION

 

L’Ensemble documentaire : sujet : Comment la mondialisation est-elle régulée ?

 

Problématique : il faut partir de la définition de la mondialisation (cours) et de la notion de régulation : réguler quelque chose c'est lui donner une règle , or la mondialisation est un processus spontané né des révolutions techniques et de la volonté des firmes transnationales capitalistes de faire le plus de profit possible et le plus vite possible et donc d'accéder aux territoires qui offrent les meilleurs possibilités en termes de coût et de compétence de la main d’œuvre, de matières premières et de débouchés.

Donc il faut se demander comment elle est régulée mais dès le départ on sait qu'elle est peu régulée !

 

PARTIE I Répondre aux questions

 

On ne vous demande pas de présenter les documents mais vous gagnerez des points en les présentant dans vos réponses.

1 Pourquoi la mondialisation doit-elle être régulée ? (doc 1 et 5)

Le planisphère du doc 1 met en évidence le déséquilibre entre les 3 espaces de la Triade auxquels ont ajoute l'Asie orientale et le reste du monde : on y réalise 80% du PNB (produit national brut) mondial, on y trouve 98 % de la capitalisation boursière ainsi que les principaux flux : financiers, humains, marchandises et aussi flux d'information. Seules quelques métropoles  comme São Paulo, Johannesburg et Djarkarta apparaissent dans le sud. Ainsi la mondialisation apparaît comme l'expression de la domination des nords.

Le texte 5 est une interview d'un économiste libéral N Baverez qui s'il estime que la mondialisation est une excellente chose, elle doit être « contrôlée » car elle ne se régulera pas « toute seule ».

C’est donc aux dirigeants politiques de la réguler : il dit qu'il faut « mondialiser la politique » et cela lors des rencontres entre les chefs d’État des grands pays, G8 mais il ajoute que dans ce groupe des 8 pays, la Chine ne soit pas présente. Il a du conseiller M Sarkozy qui a décidé qu'il faut réunir un G20 représentant les pays riches mais aussi les pays émergents (2011 à Cannes) !

 

2 Quels ont les modes d'action des altermondialistes et quelles sont leurs revendications (docs 2 et 3) ?

Les altermondialistes qui contestent la mondialisation libérale se font entendre au niveau médiatique par des manifestations  5 (doc) lors des rassemblements des dirigeants des grands pays de la planète affirmant qu’ »un autre monde est possible » différent de celui que réalise la mondialisation ;  mais aussi par des forums( Forum Social Mondial) qui réunissent des organisations non gouvernementales ou syndicats d'ouvriers et de paysans. Ces forums ont été organisé dans le « sud » Porto Alegre (Brésil) ; Bamako au Mali en Afrique ; Caracas au Venezuela...pour bien montrer que les peuples du sud doivent se faire entendre dans la mondialisation.

 

3 Expliquez la critique de l'OMC par le dessin de presse (doc 4)

L'OMC (organisation mondiale du commerce) a pour but de réguler le commerce mondial et de faire baisser les barrières douanières en s'inspirant de la théorie du libre-échange et de la libre concurrence. Or le dessin veut montrer que la concurrence entre le « petit « et le » gros » n'est pas équitable ce que l'OMC feint d'ignorer en disant « que le meilleur gagne... » Comme si la compétition n'était pas inégale et donc l'OMC est accusée de défendre les « gros » les « riches ».

4 Quelles sont les organisations de régulation de la mondialisation qui sont évoquées et quel est leur rôle ? Doc 5

En fait le texte n'évoque qu'une seule organisation le G8 qui rassemble les chefs d’État des 8 pays les plus importants de la planète....Mais en fait les chefs d’État discutent des grandes questions mais très peu de décisions sont prises donc on ne peut parler de « régulation ».

5 Expliquez les propositions faites par l'auteur pour améliorer la mondialisation ?

La question est assez » stupide » car « améliorer «  ne veut rien dire : améliorer pour les riches, pour les pauvres... pour les FTN ou pour la mafia de la drogue, de la prostitution ou du trafic d'armes §

En fait l'auteur demande d'intégrer la Chine et probablement d'autres pays dans les grandes réunions des chefs d’État  des pays les plus riches ….

Ce qui a été fait depuis !

 

PARTIE II. REPONSE ORGANISEE

 

Le dossier documentaire qui nous est proposé traite de la mondialisation en nous demandant comment celle-ci est régulée ?

Cet ensemble documentaire se compose de 5 documents de nature différente : d'abord un planisphère nous montrant l’espace de la mondialisation, deux textes : un article du journal Le Monde du 8 février 2006 analysant le mouvement altermondialiste et un autre texte qui est une interview de l'économiste libéral N. Baverez parue dans l'hebdomadaire L'Express du 12 janvier 2006 ; et deux documents iconographiques : une photo du Forum Social mondial des altermondialistes à Porto Allègre en janvier 2005 et un dessin humoristique qui dénonce le rôle de l'OMC (organisation mondiale du commerce). A l'aide de ces documents et de nos connaissances personnelles nous essayerons de voir si la mondialisation est régulée. Nous présenterons d'abord la mondialisation avec les flux qu'elle génère et ensuite nous essayerons de voir si cette mondialisation peut -être régulée.


La mondialisation que les Anglo-Saxons appellent globalisation n'est pas nouvelle dans l'économie mondiale. Selon les théoriciens on en serait à la troisième mondialisation après celle des grandes découvertes aux XVI° XVII° siècles, puis celle de la 2° moitié du XIX° siècle marquée par la colonisation , la révolution industrielle et l'essor du commerce international. Notre mondialisation qui peut être définie par la mise en relation des différents territoires du monde à la fois par les échanges amis aussi par l'internationalisation de la production faite par des multinationales qui recherchent le plus rapidement possible et le plus élevé possible. Cette mondialisation a été rendue possible par une révolution considérable des moyens de transport des marchandises et des hommes et surtout par la révolution des télécommunications qui ont permis de faire du monde un village global ou les communications sont instantanées.

 

Cette mondialisation se traduit par des flux considérables de marchandises matières premières, produits agricoles, biens d'équipement et  biens de consommation. Pour ces derniers l

le développement de l’Asie orientale et de la Chine qui est devenu pour bien des produits l' »atelier du monde » en est le signe le plus éclatant car ces objets fabriqués pour des multinationales par une main d'œuvre bon marché sont destinés au marché mondial : à titre d'exemple 90% des jouets que le père Noël a distribué dans le monde étaient « made in China » .

 

Mais la mondialisation ce sont aussi des flux financiers  et  humains (travailleurs ou touriste) et le planisphère (doc N° 1) nous montre l'importance des flux entre les 3 pôles de la triade.


Effectivement la mondialisation est commandée par la triade (Amérique du nord, Union Européenne, japon) à laquelle il faut maintenant une partie de l'Asie orientale (Corée du sud, Taiwan, Singapour et Chine littorale..) et elle souligne une domination du « nord » sur le « sud ». Mais on peut reprocher à ce document qu'il ne mette pas assez en valeur les pays émergents qui se sont développés ; les BRIC (Brésil, Inde, Chine, Russie) auxquels il faut ajouter l'Afrique du sud, la Turquie et bien sûr les pays producteurs et exportateurs de pétrole du Moyen-Orient. Le document n'indique que quelques métropoles du « sud » dont le trafic aérien témoigne de leur inscription dans la mondialisation.


La mondialisation est le fruit d'acteurs au premier rang desquels figurent les FTN issues des pays de la triade mais aussi de plus en plus des pays émergents dont la Chine en particulier (ex Lenovo pour l’informatique). Les organisations économiques internationales favorisent cette mondialisation en en particulier l'OMC (organisation mondiale du commerce) qui a succédé au GATT crée à la fin de la 2° guerre mondiale et dont le but est de faire baisser les droits de douane entre les pays, baisse qui pour les économistes libéraux a pour conséquence d'augmenter la production.  Mais le FMI (fonds monétaire international) joue aussi un rôle important pour aider les Etats en difficulté financière. Les organisations économiques régionales comme l'UE ou l'ALENA (…) ou le MERCOSUR accentuent cette mondialisation en créant des zones de libre-échange entre les pays membres. Le rôle des Etats semble moins important mais il n'est pas négligeable car ils peuvent attirer des investissements étrangers en améliorant l'attractivité de leur territoire  et aussi par leur effort de protection sociale ou d'éducation offrir une main d'œuvre de qualifiée mais parfois trop chère...

 

Mais cette mondialisation est dénoncée par certains (les altermondialistes) comme ne profitant qu'aux riches alors que d'autres qui y sont favorables souhaitent quand même la réguler car elle se développe avec des à-coups comme les krachs financiers dont les conséquences peuvent être dévastatrices.
Les Altermondialistes remettent en cause la mondialisation libérale qui ne ferait que profiter aux pays les plus riches ou aux populations les plus riches en délaissant les travailleurs les plus modestes (ouvriers et paysans). De plus comme la logique des FTN est celle du profit à tout prix, la mondialisation a des conséquences négatives sur l'environnement (on ne se soucie pas de développement durable..) et elle conduirait à une uniformisation des cultures par la culture dominante occidentale version américaine tant sur le plan de l'alimentation, des vêtements, des idées et des créations audiovisuelles.....tout cela étant accéléré par  Internet....

Ainsi les Altermondialistes expriment leur refus de cette mondialisation par la mobilisation d'ONG (organisations non gouvernementales souvent dans le domaine de l'environnement ou de la santé), des syndicats de paysans pauvres ou d'ouvriers victimes des délocalisations dans les pays riches...La  phot  N°3 montre une de ces manifestation lors des rencontres des Altermondialistes baptisée Forum (lieu de débat) Social (pour prendre en compte les catégories sociale et pas seulement l'économie...),Mondial. Ils mettent en évidence le fait que la mondialisation ne s'interresse pas au « sud » en localisant ces forum dans le » sud », dans les 3 continents : Brésil, Venezuela, Pakistan et Mali... Le texte souligne d'ailleurs la nouveauté que représente l'Afrique dans ces mouvements en raison de l'importance des migrations avec l'Europe et aussi en raison de la responsabilité des chefs d'Etat africains dans la misère de leurs populations.

Ils dénoncent les organisation internationales en particulier l'OMC comme le montre le dessin n° 4 où l'on voit que l'OMC favorise le « gros » face au « petit » car la concurrence n'est pas équitable et ainsi les produits agricoles du nord pourront inonder les pays du sud poussant les petits paysans à l'exode rural....De même, ils manifestent lors des réunions des dirigeants politiques (G8) ou économiques (Davos) de la planète pour présenter leurs idées et dénoncer la mondialisation capitaliste libérale.

Les Altermondialistes veulent peser de leur poids en particulier par l'intermédiaire des médias  ils sensibilisent l'opinion mondiale mais  leur action concrète pour réguler la mondialisation a été assez faible sauf peut-être dans le domaine de l'environnement  et le commerce équitable... ils n'ont donc pas réussi à inverser la logique de la mondialisation....D'ailleurs ils sont passé d'une opposition frontale à la mondialisation à un nouveau slogan que l'on voit inscrit sur la pancarte de la photo 3 : un autre monde est possible donc une autre mondialisation ou plus exactement d'autres formes de mondialisation plus décentralisées..

 

Mais même ceux comme N. Baverez (doc 5) qui sont favorables à la mondialisation libérale »la mondialisation économique est saine...l'économie libérale est créatrice de richesses et d'emplois » estiment que cette mondialisation se développe avec des crises, des krachs financiers et qu'elle ne se régule pas d'elle-même. Il pense qu'il faut donc la réguler et que le meilleur moyen ce sont les réunions des grands pays du monde G8. C'est pour cela qu'il regrette que la Chine dont le rôle est considérable dans la mondialisation ne soit pas dans le G8. Il appelle donc à « mondialiser la politique » c'est à dire à ce que les dirigeants des pays les plus importants coopèrent pour réguler la mondialisation, c'est ce que d'autres appellent la »gouvernance mondiale ». Mais même si aujourd’hui le président Sarkozy a institué le G20 il n'existe pas de véritable gouvernance mondiale car les états ont des intérêts très différents ...voir les difficultés pour l'actualisation du protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique..et les difficultés pour se mettre d'accord pour régler la crise financière même au sein de l' Union Européenne tant les intérêts des Etats sont différents et donc sa proposition de mondialiser la politique rest pour l'instant un voeu pieu !

 

En conclusion on pourrait dire que la question de cet ensemble documentaire a été mal posée : pour l'instant la mondialisation est très peu régulée et il fallait se demander comment elle peut-être régulée et si les Etats ont l’envie et surtout  le pouvoir de la réguler cn voit très bien que ce sont les forces économiques comme les FTN et les détenteurs de capitaux qui prêtent aux Etats et aux forces économiques ("le marché") qui jouent un rôle considérable aujourd'hui car il n'y a pas de consensus chez les Etats puissants pour les contrôler....

Par jp guillerot - Publié dans : MONDIALISATION
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Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /Juin /2008 07:16

Les prix alimentaires flambent partout sur la planète et ce n’est pas fini. Selon l’Organisation des Nations-Unies pour l’agriculture (FAO), la hausse devrait perdurer pour au moins 10 ans.
Ce déséquilibre entre l’offre et la demande est issu de multiples facteurs.
Du côté de la demande :

  • L’augmentation du niveau de vie dans les pays émergents accroît la consommation de laitages et de viandes ;
  • Hausse de la population mondiale (80 millions d’individus supplémentaire par an) ;
  • Utilisation de la biomasse: céréales, canne à sucre… pour produire du carburant ; en 2010 aux Etats-Unis, un tiers de la production de maïs sera utilisée pour produire de l’éthanol ;
  • 45% des céréales sont consommées par le bétail, il faut de 2 à 7 calories végétales pour produire une calorie animale.

Du côté de l’offre :
Le déséquillibre provient de facteurs environnementaux, économiques et institutionnels.
Les facteurs environnementaux :
Sur 14,8 milliards d’hectare de terres émergées, seul 5 milliards sont disponibles pour l’agriculture, le volume de ces terres est en constante diminution sous l’effet de :

  • Le réchauffement climatique, entraîne des sécheresses croissantes qui diminuent les rendements. L’Australie connaît une sécheresse persistante depuis plusieurs années ;
  • La déforestation accroît la stérilité des terres ;
  • L’urbanisation restreint les terres cultivables et assèche les nappes phréatiques ; il faut 1000 litres d’eau pour produire 1 kilo de blé.

Les facteurs économiques :
La persistance de prix mondiaux faibles depuis 50 ans a eu des conséquences pour l’agriculture des pays développés et émergents :

  • Elle a incité de nombreux pays en développement à se tourner vers une agriculture d’exportation au détriment d’une agriculture vivrière. Des pays comme les Philippines, dépendent des importations pour nourrir leur populations ;
  • L’agriculture des pays développés a connu des processus de rationalisation pour surmonter les bas prix du marché. Aujourd’hui, il n’existe presque plus de marges de rendements ;
  • Dans un contexte de raréfaction, les matières premières agricoles font l’objet d’une spéculation accrue.

Les facteurs institutionnels :
Les subventions à l’exportation des produits agricoles des pays développés comme les Etats-Unis ou l’Union européenne ont laminé le secteur agricole des pays en développement. Celui-ci n’a pas pu se moderniserfaute d’investissement, seules 7% des terres arables sont irriguées en Afrique contre 38% en Asie.
Les plans d’ajustements du fonds monétaire international (FMI) ont souvent contraint les pays bénéficiaires à rechercher des recettes à l’export au détriment de l’agriculture de subsistance.
Même en modernisant l’agriculture des pays émergents, les besoins alimentaires auront du mal à être satisfait, en raison des effets du réchauffement climatique et de l’utilisation de la biomasse comme énergie.

Pour ne pas laisser mourir de faim les 800 millions de personnes qui vivent avec moins d’un dollar par jour, il va falloir changer nos habitudes en devenant végétarien, c’est inévitable. Adieu veau, vache, cochon, poulet, canard…

Pour le Bac : La Mondialisation, un exemple de marché.

Benoît Ruiz
mon blog

Par jp guillerot - Publié dans : MONDIALISATION
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Vendredi 23 mai 2008 5 23 /05 /Mai /2008 17:32
Benefits Supervisor Sleeping, de Lucien Freud
Benefits Supervisor Sleeping, de Lucien Freud

L'énorme nu de Sue Tilley s'est vendu plus de 33 millions de dollars mardi soir à New York.C'est le tableau le plus cher pour unpeintre vivant !
qui l'a acheté ? Le jeune milliardaire russe Abramovitch (41 ans )  15° fortune mondiale  qui avait acheté une compagnie de pétrole russe lors de la priatisation l'a revendu ensuuite à l'Etat russe ! Il pourra se consoler de la défaite de son équipe Chelsea en regardant cette belle femme  (!) à moins qu'il ne préfère la sienne une jeune ex-top modèle russe fille de milliardaire !

ps il a achét ce tableau contre un milliardaire chinois mais l'iniden Mittal est aussi passionné d'art cotemporain ainsi que le patron de microsoft et la famille royale du Quatar. La nouvelle géographie des milliadaires traduit la nouvelle organisation du monde  !

Par jp guillerot - Publié dans : MONDIALISATION
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