Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /Nov /2009 10:09
 

Majeure histoire : Commentaire de documents

Sujet : Quels sont les ressorts de la société de consommation qui triomphe à partir de 1945 ?

 

Méthode : il faut mobiliser les notions clefs du chapitre : société de consommation, société de communication,croissance économique , développement, mutation de la société (changement de la population active, urbanisation, féminisation), causes du changement : progrès technique, rôle de l'État, augmentation démographiques, nouvelles techniques de la société capitaliste : crédit, marketing, publicité...

Ces notions vous allez les retrouver dans les documents ou sinon il faudra en parler dans la réponse organisée.

Problématique : le sujet nous invite à réfléchir sur les causes « les ressorts » de la société de consommation

Intro Il s’agit de voir quels sont les ressorts de la société de consommation qui triomphe à partir de 1945 en étudiant 6 documents de nature différentes. 2 Graphiques nous renseignent sur l’évolution du pouvoir d’achat et le taux d’équipement des ménages, montrant,t dans les deux cas une forte augmentation ; tandis que 2 documents iconographiques, 2 affiches publicitaires vantes l’une une machine à laver et l’autre le crédit qui permet de s’acheter une maison. Enfin 2 textes d’époque : l’un d’un journaliste du quotidien Le Monde nous dévoile le moteur de la société américaine et l’autre d’un économiste critique la société de consommation.

Nous allons répondre aux questions puis faire une réponse organisée à ce sujet.

 

1° PARTIE : REPONSE AUX QUESTIONS

 

QESTION 1 que montrent les deux courbes ?

Le premier graphique présente l'évolution du pouvoir d’achat en France de 1950 à 2000 avec comme base 100 l’année 1950. Le pouvoir d’achat mesure le rapport entre les revenus et les prix , il mesure donc ce que les gens peuvent acheter. On constate qu' il a été multiplié par 7 entre les 2 dates , ce qui représente une augmentation considérable.

Le graphique suivant détaille cette augmentation du niveau de vie en mesurant le taux d’équipement des ménages en biens de consommation de 1960 2001. On constate que de 1960 à 1970 le Français se ont massivement équipés en réfrigérateurs et télévisons alors que l’automobile devenait plus populaire. Dans les années 1970/1980 c’est l’équipement en nouveau produits lave- vaisselle, congélateur, téléphone et après les années 90 c’est l’essor des produits de la société de communication : magnétoscope et lecteur DVD. Ainsi on voit bien que l’augmentation du pouvoir d’achat a bouleversé les conditions de vie des ménages qui se se sont équipés en biens de consommation.

 

QUESTION 2

Il s’agit de 2 documents iconographiques, 2 affiches publicitaires d’époque qui traduisent bien la nécessité de mettre le consommateur au centre de la société.

Les 2 photos nous montrent l’importance de la publicité qui est un des ressorts de la société de communication. Dans le doc 2, la photo d’une cuisine nous montre une mère et sa fille en admiration devant leur machine à laver. Ce produit est révélateur de la période : en effet il libère les femmes du lavage leur permettant de travailler plus facilement. La présence de la petite fille souligne bien la modification de la condition féminine. D'autre part la marque Fiat montre bien que les entreprises d’automobile ont parfois fabriqué d’autres biens de consommation.

L’autre affiche nous montre que maintenant chaque pour chaque couple de Française rêve d’avoir une maison où vivront les enfants peut devenir réalité grâce à l’épargne logement et au crédit de la banque Société Générale C’est 2 affiches nous montrent le bonheur engendré par la société de consommation


QUESTION 3

Le journaliste du Monde nous explique en octobre 1950 les ressorts de la réussite de l’économie américaine. Pour lui c’est le consommateur qui est placé au centre de la société « le consommateur a toujours raison » et donc l’activité économique est faite pour satisfaire les besoins de celui-ci d'où l’ouverture tardive des magasins.. C’est l’illustration de la société de consommation : le consommateur par son pouvoir d’achat stimule la production qui offrira des biens au consommateur.

Ce n’est plus le producteur qui est au centre mais le consommateur et le producteur devra s’adapter.

 

QUESTION 4

L’économiste Galbraith montre le limites de la société de consommation. Dans celle-ci les biens privés, voiture , nourritures sont largement consommées et d’ailleurs leur consommation entraîne de forte pollution lors de leur production et lors de leur utilisation « rues souillées par les ordures, paysages rendus hideux par les panneaux publicitaire voir à La Réunion, eaux polluées), alors que la société ne se soucie pas des biens publics (écoles, système de santé....). Ainsi ce qui s'achète est valorisé alors que les services publics qui sont utilisés par les plus démunis sont délaissés. Actualité c’est pour cela qu’Obama a décidé de refaire le système de santé public.

 

2° PARTIE LA REPONSE ORGANISEE

Intoduction

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale le monde occidental est entré dans la société de consommation dont la mise en place s’est faite lors des « 30 glorieuses de 1945 à 1975 «  qui n’a pas été arrêtée par la crise économiques. .A partir de des années 90, on voit même se mettre en place une société de communication car les outils de communication jouent un rôle déterminant. Nous allons d’abord décrire cette société de consommation puis nous intéresser aux ressort c’est à dire aux causes de ce développement.

Dévelppement

Après le Seconde guerre mondiale, on constate comme nous le montre le doc 1 que le pouvoir d’achat des Français a été multiplié par 7 jusqu’en 2000 et cela a permis aux ménages de s’équiper en biens durables comme les appareils électroménagers, les automobiles et les biens de communication (TV, lecteurs cd, magnétoscopes qui se développent à la fin du siècle nous faisant entrer dans la société de communication.

De même, ce pouvoir d’achat a permis à de larges couches de la population d’être propriétaire de leur logement (doc 4), et d’aller en vacances ou en weekend (doc 5). L a croissance économique a conduit au développement dans les sociétés occidentales.

La population active s’est modifiée : déclin des paysans, stagnation de la classe ouvrière et forte croissance du secteur des services qui emploi de plus en plus de femmes dont le rôle change (doc 2).

En même temps on assiste à un forte urbanisation liée à l’exode rural et même si les logements collectifs se développent, les pavillons se multiplient dans les banlieues des villes (doc 4). Les populations s’adonnent aux joies de la consommation qui s'effectue dans des magasins de plus en plus grands , ouverts le plus tard possible aux EU (doc 3) et où l’on va grâce à la voiture que l’on vient d’acheter (supermarchés aux carrefours routiers). La voiture permet de s’évader de la vie pour piqueniquer mais le doc 5 souligne que cela conduit souvent à la pollution, au non respect de la nature, au gaspillage.

Ce document souligne aussi que les service publics (santé, éducation..) ont connu une croissance moins forte que les biens privés. Ceci est surtout valable aux EU où tout ce qui relève su secteur public est décrié mais en Europe occidentale l'État providence a au contraire développé ces services publics qui ont joué le rôle d’amortisseur en cas de crise et bien sûr dans les pays socialistes ce sont les seuls biens qui étaient développés, car les biens de consommation étaient rares et de mauvais qualité. Le monde occidental s’est installé dans la société de consommation qui n’a pas été freinée par la crise à partir de 1975 car de nouveaux produits(société de communication) sont arrivés sur le marché dans laquelle comme le souligne le doc 3 le « client est roi ».Cette société s’est étendue dans les années 90 à de nouveaux territoires en Asie (le Nouveaux Pays Industrialisés d’Asie) et dans les ex pays communistes et dans nombre de pays en développement comme la Chine, le Brésil, l'Inde. le Mexique...

 

2)Mais quels sont le ressorts de cette société de consommation qui s’installe ? L’ensemble documentaire nous fournit quelques causes mais il nous faudra indiquer d’autres facteurs.

Le doc 1 nous montre que la forte croissance du pouvoir d’achat est une cause fondamentale de l'essor de la société de consommation. En effet ce pouvoir d’achat permettra d’acheter de plus en plus de biens de consommation durables dont le prix diminue grâce à la révolution technologique, à la concurrence,et à la mondialisation qui s'accélère. Ainsi le taux d’équipement des ménage est bien souvent supérieur à 70% pour les biens durables, les différences entre les catégories sociales se faisant au niveau de la qualité des biens.. Le graphique 2 b nous montre bien que la révolution technologique est une cause fondamentale et encore il s’arrête à 2001 en ne montrant pas l’essor des téléphones portable qui sont le bien le plus vendu dans le monde, ni l'équipement en pc, ou en TV à écran plat.

1 Les documents 2, 3 et 4 illustrent parfaitement une autre cause du dynamisme de la société de consommation : le client est roi. Maintenant ce n’est plus la production qui dirige l’économie mais la consommation et il faut satisfaire les besoins du consommateurs et créer sans cesse de nouveaux besoin en lui faisant croire que tous ces biens lui sont indispensables et qu’ils le rendent heureux. Pour cela , il existe deux armes redoutables : la publicité, d’abord par affiches (doc 2) et dans les magasines et puis à la télévision et maintenant sur internet , sur les portables. Reposant sur le désir et l’insatisfaction, elle est le moteur n° 1 de la croissance. Mais le crédit (doc 4) est là pour réduire ce délai d’insatisfaction en nous permettant d’obtenir l’objet ou le service qui nous rendra heureux même si on n’a pas l’argent pour l’acheter immédiatement.

Mais il manque d’autres facteurs que nous devons mentionner sans les développer : la reconstruction et le plan Marshall qui ont stimulé l’économie européenne et l’économie américaine ; la croissance démographique qui a accompagné les trente glorieuses et le recours à l’immigration, le rôle de l'État qui stimulé la production par ses commandes en particulier en infrastructures et en équipements pour l’éducation, la santé., la baisse des tarifs douaniers dans le cadre du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) puis de l’OMC (Organisation Mondiale du commerce) ou de la construction européenne, l’accélération de la mondialisation à partir des années 80 avec les délocalisions ; l'émergence des Nouveaux Pays Industriels d’Asie et maintenant la croissance chinoise.

Conclusion

Ainsi après la seconde guerre mondiale le monde développé puis maintenant d’autres parties de l’espace mondial sont entrés dans l’ère de la société de consommation fondées sur la satisfaction des besoins des consommateurs , et aujourd’hui nous pouvons parler d’une société de consommation fondée sur la communication mais au tournant du siècle on s'aperçoit que ce modèle est destructeur pour environnement et que la grande question du XX° sera de concilier consommation et respect de la nature (en particulier pour réduire le réchauffement climatique) et probablement d’adopter de nouveaux comportements dans l’esprit d’un développement durable.

 



Par jp guillerot
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 16:01

Un jour et demi  après l'ouverture du mur, le 11 novembre les policiers de Berlin-est ouvrent une nouvelle brèche à la Potsdamer Platz



Le lendemain, 10 novembre, Berlinois de l'est et de l'ouest sur le mur à la porte de Brandebourg qui était au milieu de la ville coté est (le drapeau de l RDA flotte sur la porte)
Par jp guillerot
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 15:57
Par jp guillerot
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 08:16

But de l'épreuve
tester votre capacité à définir des documents, à extraire des informations en répondant aux questions posées, puis à faire une réponse organisée avec un plan en utilisant  les informations tirées des documents avec vos connaissances personnelles.

Autrement dit, ne pas prendre ce type d'épreuve si vous n'avez pas de connaissances sur le sujet.

Conseils : Bien lire l'intitulé du sujet et trouver la problématique. Mobiliser les connaissances que vous avez de la question (idées, mots-clefs) que vous indiquerez dans la la réponse organisée.

Première partie : questions sur les documents

       -Il faut répondre précisément aux questions posées en présentant le document même si on ne vous le demande pas : le but est que le correcteur voit que vous savez analyser un document. Dans votre réponse, il ne faut pas apporter d'idées supplémentaires mais vous devez définir et expliquer les sigles qui apparaissent.

Deuxième partie : la réponse organisée

      -Vous devez faire une petite dissertation  : il s'agit de répondre au sujet à l'aide des documents et de vos connaissances. Donc une intro qui pose la problématique et le plan.
Pour celuis-ci vous suivre  les questions sur les documents en les regroupant en 2 ou 3 parties.

C'est facile : vous reprenez les informations, vous faites la référence ( ex : (doc 1) ; et en même temps, vous apportez toutes les connaissances que vous avez sur la question. Il faut éviter la paraphrase, par contre il faut citer des chiffres ou des expressions importantes entre guillemets.Il faut toujours définir et expliquer les notions que vous utilisez. Partez du principe que le correcteur ne sait rien !
     

Par jp guillerot
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 08:14

Ce blog contient des , des fiches méthodes, des conseils, des articles d'actualité sur le programme d'histoire-géo de term es ainsi que des photos d'actualité ou de détente

C'est un complément du cours et des manuels

Les articles sont classés par catégories en fonction des programmes
Vous trouverez quelques articles  publiés  en mai_juin date de la création du site pour la TESI

vous pouvez  (devez ?) ajouter des commentaires, faire des remarques, poser des questions

bon courage et sachez qu'il faut savoir les bases et ne pas se perdre dans les détails

N'oubliez pas que la TES1 a eu 100%  de réussite au bac en 2008?  donc vous devez au moins et au plus  faire aussi bien !

Par jp guillerot
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Mardi 3 février 2009 2 03 /02 /Fév /2009 05:02
 

LE TIERS MONDE : indépendances, contestation de l’ordre mondiale, diversification (1945/1990)


Présentation : il faut partir de l’émancipation des colonies (la décolonisation) qui est avec la guerre froide le grand mouvement international de l’après guerre (1945-1974), mais il faut voir que cette décolonisation fait émerger le Tiers monde dans le monde bipolaire de la guerre froide, que ce Tiers monde cherchera à peser politiquement (non alignement) et économiquement (revendication d’un nouvel ordre économique international) en posant la question de l’ »exploitation » économique du « sud » par le « nord » (année 60/70). Mais avec la crise économique mondiale, le Tiers monde se diversifie de plus en plus en fonction des réalités économiques et l’on voit apparaître des différences de plus en plus grandes entres les puas (ceux qui ont du pétrole, des matières premières ou une main d’œuvre active.. et les autres !). La guerre froide (rivalité EU/URSS) va jouer un rôle : chacun des 2 grands essayant d’attirer dans son camp les pays indépendants. Il ne faut pas oublier la dimension spatiale de cette question : les pbs en Asie ne sont pas les mêmes qu’en Afrique

Cette question peut faire l’objet d’une dissertation et je propose le plan pour le sujet indiqué mais surtout il peut faire l’objet d’étude de documents en MAJ histoire (il y a beaucoup de possibilités !) et bien sûr il faut connaître les textes et images fondamentaux de cette période


Introduction Avant même la fin de la 2° guerre mondiale, les peuples colonisés depuis le XIX° et le début du XX° veulent mettre fin à la domination des 2 grandes puissances colonisatrices (la GB et la France) qui ont des empires coloniaux gigantesques en Asie et en Afrique. Ce mouvement d’émancipation des métropoles (la décolonisation) va démarrer dès la fin de la guerre avec en gros une première phase asiatique (1945/1955), puis une 2° phase africaine (1954/1962) complétée par des décolonisation tardives (début des années 70) dans ce continent. Ces décolonisations seront soit « pacifiques » soit « violentes » (guerres d’indépendances ou guerres nationales) et l’attitude des puissances coloniales sera déterminante : la GB acceptera plus volontiers les indépendances en gardant une influence économique, alors que la France « plus assimilatrice » aura du mal à accepter cette séparation d’où la guerre d’Indochine puis la guerre d’Algérie. Mais cette décolonisation fera apparaître sur la scène internationale des Hommes nouveaux incarnant leur nation en formation (Gandhi, puis Nehru, Nasser, Ho Chi Min, Bourguiba, Senghor.. et ces nouveaux pays du « Tiers monde « expression de M Sauvy en 1952 affirmeront face aux deux grands leurs principes politiques et leurs revendications économiques pour sortir du « sous développement » dans les années 60/70. Mais il n’y eu jamais d’unité du Tiers monde et la diversification de celui-ci s’accentuera dans les années 80 et aujourd’hui ce concept n’est plus opératoire tant ces pays sont différents


I. les Décolonisations (planisphère p.159)


Il faut comprendre qu’au lendemain de la 2° guerre un vaste mouvement d’émancipation va concerner près d’un milliard d’être humains en Asie et en Afrique principalement car l’Amérique s’est décolonisée à la fin du XVIII° et au début du XX°.Ce sont la GB et la France surtout qui vont être confrontées à ce désir de liberté des colonisés qui veulent être indépendants et fonder leur nation. Nous allons d’abord étudier les causes de ce mouvement puis voir chronologiquement la phase asiatique puis la phase africaine.

A. LES CAUSES DE LA DECOLONISATION

Il faut distinguer des causes internes et des facteurs externes :

1)-causes internes : l’apport sanitaire des métropoles même s’il fut insuffisant à réduit la mortalité et donc ces territoires connaît depuis les années 30 une forte augmentation de la population et d’autre part la colonisation a déstructuré en partie les sociétés traditionnelles, des villes se sont développées. L’attitude au mieux « paternaliste » au pire « raciste » des colons a entraîné rancœur et amertume chez les colonisés toujours réduits à des emplois subalternes et sans égalité politique (il n’ont pas le droit de vote sauf dans les « 4 vieilles », mais ont participé aux guerres 1° et 2° dans les troupes coloniales). Les fils des anciennes élites formés dans les universités à Oxford, Cambridge ou à la Sorbonne apprennent les valeurs de l’occident : liberté, égalité, fraternité et c’est au nom de ces valeurs et aussi de leur culture ancestrale, de leur religion qui sont souvent bafouées qu’il vont revendiquer l’indépendance de leur nation qui est en formation. Texte de L.S.Senghor leader sénégalais 6/p.161 : le « bon nègre est mort »

Dès avant la 2° guerre des partis ou mouvements nationalistes qui réclament soit l’autonomie, soit l’indépendance se forment mais ils sont réprimés par les colonisateurs et ils rencontrent peu d’écho parmi leur population. (Texte 2/160) La 2° guerre va changer la donne.

2)-causes externes : les combats ont eu lieu en Afrique du nord, en Asie et les « indigènes » ont été souvent enrôlés dans ce combat pour la liberté par les Alliés contre les Allemands ou les Japonais. De plus les 2 grandes puissances sont affaiblies par la guerre et cela encourage les nationalistes et pendant la guerre elles ont parfois promis à leurs colonies l’indépendance ou l’autonomie (les Anglais en Inde ou les Hollandais en Indonésie), et lors de la charte de l’Atlantique de 1941, Roosevelt et Churchill affirment le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes après la guerre ». Le colonialisme est donc de plus en plus condamné: l’ONU dans sa charte et c’est hun atout de poids : les peuples ont le droit d’être indépendants comme les individus ont le droit à la liberté ; par les EU pays qui est né d’une guerre d’indépendance et qui renonce en 1945 à la plupart de ses colonies et enfin l’URSSqui au nom de la théorie communiste et marxiste explique que le colonialisme sert au capitalisme à opprimer les peuples comme il opprime les travailleurs et donc l’URSS soutiendra les mouvement nationalistes dans le cadre de la guerre froide (rappel de la théorie de Jdanov en 1947) : dès le 8 mai 1945 des émeutes ont lieu à Sétif en Algérie ou apparaît pour la 1° fois le drapeau algérien !

B. LA I° VAGUE ASIATIQUE (-1945-1975)

1) D’abord au Proche Orient : en 194, la France se retire du Liban et de la Syrie qu’elle administrait depuis la fin de la I° guerre. De même la GB donne l’indépendance à la Jordanie mais pour la Palestine l’ONU prévoit le partage en 2 Etats Israël et la Palestine mais le refus des arabes conduit à la création unilatérale de l’Etat d’Israël (1948) qui s’agrandit grâce à sa victoire sur les pays arabes en 1949 : le conflit Israélo-palestinien est né et il est toujours bien vivant !

2) Mais c’est « aux Indes » britanniques que sonne la décolonisation. Depuis, les années 20 Gandhi, son dauphin Nehru et le parti du Congrèsréclament l’indépendance avec une stratégie de non-violence et de boycott des produits anglais. Pendant la guerre les britanniques la promettent, des négociations s’engagent mais Gandhi veut garder l’unité de l’Inde alors que le chef des musulmans indien (Jinnah) veut deux Etats : un pour les Hindouistes, un pour les Musulmans. Finalement il l’emporte et en 1947, 2 Etats voient le jour : l’Union Indienne et le Pakistan formé de deux parties séparées par 1700km à l’ouest et à l’est de l’Inde. (Carte 2/162).Des millions d’hommes sont déplacés et des massacres se produisent, Gandhi est assassiné et Nehru devient le 1° président de l’Union Indienne. De même l’île de Ceylan(ex-Colombo) et la Birmanie obtiennent l’indépendance en 1947, la Malaisie devra attendre 1957 et Singapour 1965.Cette 1° décolonisation fut pacifique, mais les Pays-Bas et la France n’eurent pas la sagesse britannique.

3) L’indépendance de l’Indonésie est acquise dans la douleur car après le départ des Japonais, les Hollandais ont voulu reprendre ce territoire par la force alors que le leader Soekarno avait proclamé l’indépendance, mais sous la pression des EU et de l’ONU, l’indépendance sera proclamée en1949. (Contexte de GF)

4) La guerre d’Indochine (1946-1954par la France : situation qui ressemble à l’Indonésie : à la fin de la guerre, des nationalistes vietnamiens « le Vietminh » dirigé par le communiste Ho Chi Minproclament l’Indépendance à Hanoi (texte 1/161). La France semble accepter dans le cadre de l’Union Française, mais finalement elle refuse un Vietnam indépendant communiste. Le bombardement du port d’Hanoi (Haiphong) et les massacres d’Européens débutent la guerre en 1946. La France tient bien le sud du Vietnam (Saigon) et part à la reconquête du Nord soutenu par la Chine et l’URSS communistes. C’est une armée professionnelle (troupes d’élite) qui va s’embourber dans cette guérilla. La guerre coûte de plus en plus cher mais la France contient le communisme dans le cadre de la GF. Pourtant tout cela aboutit à la terrible défaite française de Dien Bien Phuh en mai 1954par le gl Giap et la France (Mendès France) devra signer en juillet les accords de Genève qui donnent l’indépendance au Vietnam, au Laos et au Cambodge, le Vietnam étant divisé provisoirement en deux : communiste au nord, nationaliste au sud mais les Américains s’installeront au sud Vietnam à partir des années 60 !

8 ans de guerre pour rien pour la France qui ne retiendra pas la leçon car elle fera 8 ans de guerre aussi en Algérie

Ainsi en moins de 10 ans presque toutes les colonies d’Asie sont devenues indépendantes et le Tiers Monde entre dans l’histoire lors de la conférence de Bandung en Indonésie qui réunit 29 Etats d’Asie et d’Afrique et les mouvements qui luttent pour leur indépendance et qui condamnent le colonialisme !

C. LES DECOLONISATIONS AFRICAINES (1955/1962)

La décolonisation du continent africain est plus complexe que celle de l’Asie : 4 grandes puissances coloniales, la France la GB , la Belgique et le Portugal. La

La GB comme en Asie évitera les guerres d’indépendance mais la France connaîtra une guerre en Algérie, des troubles dans le reste e de l’Afrique du nord, mais elle réussira à décoloniser « pacifiquement « l’Afrique noire, ET LE Portugal connaîtra aussi des guerres d’indépendance.

1) la décolonisation « pacifique »du Maghreb (Afrique blanche) : La Libyeex colonie italienne est devenue indépendante en 1949.. La France possède 3 colonies : l’Algérie, composée de 3 départements, française depuis le milieu du XIX° et avec une population d’un million d’Européens et 9 millions de musulmans, et la Tunisie et le Maroc qui sont des « protectorats » CAD une domination coloniale moins forte et plus récente. (Fin XIX°, début XX°).et avec moins d’Européens.

La victoire des Vietnamiens a encouragé les nationalistes au Maghreb : Au Maroc, le parti de l’indépendance l’Istiqlal, réclame l’indépendance avec le sultan Ben Youssef à la tête de l’Etat. Refus de la France, répression, le sultan est exilé. Même chose en Tunisie, le nationaliste Bourguiba réclame l’indépendance. Mais dans les 2 cas la répression ne fera qu’aggraver la situation et la France aux prises avec l’insurrection algérienne finira par accorder en 1956, l’indépendance à ces 2 Etats.

2) la « guerre d’Algérie » (1954-1962) française ou guerre sans nompuisque officiellement il n’y avait pas de guerre mais des événements ! Dès avant la 2° guerre des nationalistes (Messali Hadj) avaient lancé le thème de l’indépendance. Au lendemain de la guerre des nationalistes modérés réclament l’autonomie mais surtout les droits politiques (droit de vote) pour les musulmans qui en étaient privés à quelques exceptions. Mais le gouvernement n’accorde pas ces droits : pour lui l’Algérie c’est la France, les nationalistes se radicalisent et se disent que si les Vietnamiens ont vaincu la France alors la solution militaire est possible. Le 01 nov. 1954 (symbole), des européens et des musulmans favorables à la France sont massacrés : c’est le début de la guerre d’indépendance menée par une nouvelle organisation le FLN (Front de Libération National) qui ne regroupe que quelques centaines de combattants. Le gouvernement se montre intraitable avec les « terroristes » et il accentue la répression. tout en faisant quelques efforts pour améliorer la situation scolaire et sanitaire des populations. En 1955, on envoie le contingent CAD les jeunes qui font leur service militaire, en 1956 jusqu’à 500000 hommes, en 1957 c’est la « Bataille d’Alger » : les paras réussissent à contrôler la ville mais au prix de la torture qui est dénoncée en France par des intellectuels ; la guerre s’enlise ; le Fln ne gagne pas mais le cycle attentats/ répression fait basculer de plus en plus de musulmans du côté de l’indépendance. Les colons ne veulent absolument pas que la France le lâche et l’armée vaincue au Vietnam ne peuvent accepter une nouvelle défaite régler. En mai 1958, quand on parle de négociations un coup d’Etat « Algérie Française » a lieu à Alger et on réclame De Gaulle au pouvoir pour la question algérienne. Celui-ci dit aux « pieds-noirs » : « je vous ai compris «  ce qui semble indiquer qu’il est contre l’indépendance mais il se rendra compte que celle-ci est inéluctable et il faudra 3 longues années de guerre d’attentats de l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) qui refuse de livrer l’Algérie aux Algériens et finalement les négociations aboutissent aux accords d’Evian du 18 mars 1962 ratifiés par référendum : le bilan est très lourd 300000 Algériens tués, 50000français, un divorce entre les deux communauté et un million de pieds- noirs quittent l’Algérie dans l’été 1962 pour ne plus revenir ! Aujourd’hui encore les mémoires sont vives d’autant qu’une forte minorité de Français ont des origines algériennes et que l’armée française laissera une grande partie d’ Algériens qui avaient combattu pour elle (les Harkis) se faire massacrer lors de l’indépendance !

3) La décolonisation de l’Afrique noire

a) Là encore les Anglais commencent les premiers : ils laissent les élites Africaines gérer le « self-government » sous tutelle GB puis accordent l’indépendance. C’est en 1957 que la Gold Cost (Ghana) est le premier pays d’Afrique noire indépendantavec à sa tête : Nkrumah. Puis ce sera le tour du Nigeria, de la Sierra léonne, de la Gambie. Mais tout ne se passe pas très bien : révolte des Mau- Mau au Kenya qui n’obtient son indépendance qu’en 1964, guerres après l’indépendance entre groupes ethniques opposés pour le partage des richesses (guerre du Biafra au Nigeria)

Le poids des colons blancs a joué un rôle sur le modèle de la République d’Afrique du sud, Etat indépendant depuis 1931 et où une minorité de Blancs dominent par un système raciste (l’apartheid) une majorité de Noirs .Ainsi en Rhodésie du sud ce sont les colons blancs ultra minoritairesqui proclament l’indépendance en 1965, contre l’avis de Londres pour faire comme en Afrique du sud. Il faudra attendre 1980 pour que cet Etat soit indépendant et dirigé par des noirs sous le nom de Zimbabwe ! Et il faudra attendre la fin de la guerre froide pour qu’en Afrique du sud, les Blancs fassent sortir de prison Mandela (dirigeant de L’ANC pro communiste) et mettent fin à l’apartheid permettant ainsi aux Noirs majoritaires de diriger le pays avec comme président Nelson Mandela (1994-199)

b)La France après avoir violemment réprimé l’insurrection malgache de 1947, intègre les colonies de l’Afrique noire dans l’Union Française et en 1956 la loi-cadre de Gaston Deferre prépare l’indépendance en organisant l’autonomie interne et en donnant le droit de vote. En pleine guerre d’Algérie il faut éviter des troubles. En 1958 le Général de Gaulle accorde une large autonomie dans le cadre de la Communauté avec la France. Seule la Guinée refuse et devient la première colonie française d’Afrique noire indépendante et en 1960, les 14 Etats français d’Afrique noire deviennent officiellement indépendants.

En 1974 le gouvernement français consulte les habitants de la colonie des Comores sur l’indépendance : 3 îles votent pour l’indépendance mais Mayotte où la présence française est plus ancienne veut rester française. C’est une Communauté d’outre-mer mais ni l’ONU, ni l’OUA (organisation de l’unité africaine) ne reconnaissent l’appartenance de Mayotte à la France). De même Tahiti et la Nouvelle-Calédonie restent françaises même si pour cette dernière un référendum sur l’indépendance est prévu en 2014 !

c) Les décolonisations belge et portugaise sont troublées

Au Congo belge état riche en minerais, l’indépendance obtenue par le leader Lumumba proche de l’URSS, voit une rébellion d’une partie du pays (la plus riche). Lumumba est assassiné et Mobutu sort vainqueur de La guerre civile !

Le Portugal possède deux colonies dans l’Afrique australe, Angola et Mozambique.Longtemps une dictature, le Portugal avait empêché par une guerre coloniale l’indépendance de ces deux territoires. Il faudra attendre la révolution démocratique en 1975 pour que l’indépendance leur soit accordée mais elles vont tomber sous l’influence soviétique et cubaine et des guérillas anti-communistes se développeront.

Ainsi au début des années 70 la plupart des territoires sont indépendants mais il reste un gros Pb : la création d’un Etat palestinien et des îles restent encore dominées par d’anciennes puissance

Ces nouveaux pays vont faire entendre leur voix à l’Onu et face aux 2 grands !  et réclamer un nouvel ordre économique mondial

Par jp guillerot - Publié dans : RELATIONS INTERNATIONALES (1944/1991)
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Mardi 3 février 2009 2 03 /02 /Fév /2009 04:59
 

II. LE TIERS MONDE CHERCHE À S’AFFIRMER


Problématique : de 1945 à 1975, plus de 70 nouveaux Etats se constituent en Asie et en Afrique. Ces nations naissantes sont des pays pauvres et avec d’autres pays pauvres comme la Chine, l’Egypte, et ils vont essayer de peser dans le monde bi polaire de la Guerre froide. Ils voudront former un groupe des « non- alignés » pour changer les relations internationales et aussi obtenir un nouvel ordre économique, plus juste pour les « pauvres ». Mais les 2 grands chercheront à les diviser et surtout, à partir de la crise économique du milieu des années 70, ce Tiers monde va se diviser de plus en plus entre riches producteurs de pétrole, ou pays africains qui s’enfoncent dans des difficultés alors qu’en Asie les 4 dragons suivant la voie japonaise se développent et au début du XXI° siècle la notion de Tiers monde a volé en éclats même si elle est encore utilisée.

Nous étudierons donc d’abord se ambitions politiques, puis ses ambitions économiques et enfin nous nous intéresserons à l’éclatement de cette notion.


A. L’affirmation politique : le rêve du non alignement


1) Le choc de Bandung en avril 1955 (juste après la décolonisation asiatique)


En effet pour la 1° fois de l’histoire dans cette station balnéaire d’Indonésie, à l’initiative de l’indien Nehru, et du pdt indonésien Soekarno se réunissent les représentants des pauvres, des ex-colonisés, alors qu’avant seuls les puissants faisaient des conférences internationales. C’est donc un changement symbolique considérable. 29 Etats (23 d’Asie, 6 d’Afrique) ainsi que des représentants de mouvements en lutte pour l’indépendance comme le FLN algérien. La conférence n’accepte pas un monde divisé en 2 blocs et surtout elle appelle à l’émancipation des territoires encore colonisés et affirme le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et l’égalité entre toutes les nations. Le chinois Chou en Lai et l’Egyptien Nasser sont deux autres figures importantes de la Conférence qui si elle ne débouche sur rien de concret fut un coup de tonnerre (livre 3/170)


2) La formation du mouvement des » non-alignés » (années 60)


C’est la conséquence de Bandung, mais l’initiative vient de Tito en 1961 chef de la Yougoslavie état européen qui se veut socialiste mais pas dans le camp soviétique, ni dans le camp américain. Le nombre des Etats augmente avec la décolonisation et l’arrivée des pays d’Amérique latine pourtant indépendants depuis longtemps.

Des conférences ont lieu tous les 3 ans Ces « pauvres «  majoritaires à l’ONU (à l’Assemblée générale), veulent démocratiser les institutions internationales mais n’y parviennent pas par contre ils dénoncent les guerres coloniales, l’apartheid, soutiennent les pays arabes dans le conflit israélo palestinien…mais très vite des divisions apparaissent entre les plus « révolutionnaires » emmenés par Fidel Castro proches de l’URSS et de la chine et les autres Etats « modérés » comme beaucoup d’Etats d’Afrique noire où l’influence française est forte, ou le Maroc, l’Arabie , le Pakistan (influence américaine). L’influence des anciennes puissances coloniales sera forte ex la France en Afrique Noire (la France Afrique) par un rôle politique (soutient ou menaces par rapport aux pouvoir en place), militaire, économique culturel. On parlera ainsi de néocolonialisme.

De plus on assiste en leur sein à une régionalisation des institutions : Ligue arabe d 1945 et Conférence Islamique (1960), Organisation de l’unité Africaine (OUA) ; et en Amérique latine 2 organisations se font face, l’une fidèle aux EU l’autre contre emmenée par Cuba.

Ce Tiers monde cherchera sans plus de succès à changer l’ordre économique.



B. L’affirmation économique

L’indépendance politique n’a résolu aucun des problèmes auxquels sont confronté les populations : forte augmentation de la population (transition démo), donc pb de santé, de nourriture, d’école, de logement, d’emploi !!! Les pays sont à construire sans véritable cadres ni administration, ni infrastructures. De plus surtout en Afrique où l’OUA a décidé de ne pas toucher aux frontières issues de la colonisation pour éviter les guerre mais cela crée des conflits ethniques à l’intérieur des Etats : l’Etat-nation est bien loin ! La question N° 1 est celle du Développement et de savoir comment y parvenir (à cette époque Rostov donne les 3 phases).

Le problème c’est qu’en fait les deux grands proposent chacune leur modèle, capitaliste et libéral pour les EU, socialiste pour l’URSS et surtout la Chine qui en tant que pays pauvre se présente comme la voie à suivre, donc la rivalité est-ouest traverse le tiers-monde !


1) Dans les années 60, les non-alignés demandent aux deux grands « aux riches » des mesures pour les aider à sortir du s/d et donc à moins dépenser pour les armements (c’est une des causes de la Détente). L’ONU déclare la décennie du développement en 1961, Kennedy qui veut éviter la propagation du communisme en Amérique latine, crée l’Alliance pour le progrès, les ex métropoles GB et France multiplient aides et coopération, En 1964, l’ONU à la demande des pauvres crée la CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement.) qui se réunit tous les 4 ans et qui estimait que le GATT et ses principes libéraux nuisait aux développement des pays pauvres.


2) Dans les années 70, le Tiers monde veut un nouvel ordre économique international et demande aux pays riches de réduire leurs droits de douanes sur les produits venant des pays pauvres et surtout d’obtenir des prix plus élevés pour leurs productions alors que les prix des machines vendues par le « nord » augmentent. C’est la « dégradation des termes de l’échange ». La décision de l’OPEP d’augmenter le prix du pétrole brut en oct. /dec. 1973 en est un exemple.

En 1974 dans le cadre de l’ONU, le sud demande instauration d’un « nouvel ordre économique international » (NOEI) (livre 17174)

En 1975, la convention de Lomé entre les pays d’ Afrique Caraïbes Pacifique et la CEE fait que celle-ci s’engage à acheter des produits agricoles ou des matières premières à un cours fixé (stabex) et supérieur au cours mondial. (Livre 3/174)

 

3) La diversification du Tiers monde

En fait la crise économique à partir de 1975 ruine les espoirs de ce nouvel ordre et au contraire beaucoup de pays du sud sont obligés de s’endetter pour se développer (livre 4/174), mais comme on ne « prête qu’aux riches » les plus pauvres s’enfoncent dans la crise et la dépendance par rapport aux riches. Les pays pétroliers, D’Amérique latine du Moyen Orient s’enrichissent (pétrodollars qu’ils prêtent aux pays riches ou achètent des armes), En Afrique noire seuls ceux qui ont des ressources pétrolières ou minières comme le Nigeria, le Gabon, le Zaïre (ex-Congo belge) pourraient s’en sortir mais leurs ressources sont dilapidées, et ceux qui n’ont rien à exporter s’enfoncent dans la misère (PMA) avec l’augmentation démographique. En Amérique latine, le Mexique et le Brésil, le Chili se développent alors que l’Argentine connaît la crise. Mais c’est en Asie que la différenciation est la plus nette après le décollage des 4 dragons qui jouent sur la mondialisation avec leurs bas salaires. Politiquement la chute du communisme en URSS a mis fin aux expériences socialisantes mais aujourd’hui la Chine se place sur le continent africain comme acheteur de matières premières (en concurrence avec le « nord ») et vendeur des produits fabriqués, et l’Inde s’affirme.

CONCLUSION : la décolonisation a fait apparaître plus de 70 Etats mais ceux–ci n’ont pas réussi a former un tiers monde entre les deux grands et la crise économique à partir de 1975 ainsi que la chute du communisme a fait voler en éclat cette notion. Ces pays sont dans des situations opposés : à l’émergence des NPI d’Asie, de la Chine, de l’Inde, du Brésil, du Mexique, des producteurs de pétrole, il faut opposer les PMA (surtout Afrique Noire, Haïti, Cambodge), alors qu’une grande majorité se développe même si cela ne va pas sans crises et difficultés mais les conflits militaires restent un des principaux obstacle au développement.


Par jp guillerot - Publié dans : RELATIONS INTERNATIONALES (1944/1991)
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /Jan /2009 09:42

LA REUNION DE 1945 à NOS JOURS


Intro : Depuis 1945, la Réunion a totalement changé de visage : en 1945, c’était une colonie sous- développée dans laquelle 80 % des 241000 habitants vivait dans des conditions déplorables dont l’indicateur le plus révélateur était un taux de mortalité parmi les plus élevé du monde. Société dominée par une caste de planteurs et de sucriers richissimes qui perpétuaient le système de la plantation coloniale mis en place dès la création de la colonie ! Aujourd’hui c’est un département d’outre-mer qui a plus de 3 fois la population de 1945 dont l’économie ne repose plus sur la canne mais sur les services. Le niveau de vie se rapproche de la métropole (un ménage sur deux a une automobile) même si le chômage y est 3 fois plus élevée, et cela grâce à importants transferts financiers de la métropole : les Réunionnais sont entrés dans la société de consommation depuis les années 80 et la transformation a été plus tardive mais aussi plus accélérée que celle qu’a connu la métropole ce qui n’est pas sans poser des problèmes d’adaptation en particulier pour la jeunesse qui ne trouve pas toujours d’emploi !

Pour étudier l’évolution de la Réunion dans ses aspects politique, économique, social, culturel, il est nécessaire d’adopter un plan chronologique : de 1945 à 1963 , nous verrons la départementalisation et les déceptions qu’elle a entraîné, puis de 1963 à 1983, nous étudierons le rattrapage économique de la Réunion en particulier en investissements d’infrastructures, puis depuis 1983, (date à laquelle la Réunion élit son premier conseil régional) à nos jours , nous analyserons son entrée dans la société de consommation et évoquerons les problèmes qui se posent en ce début de XXI° siècle.


I. 1945-1963 : un département qui tarde à se décoloniser


1946 est une date capitale dans l’histoire de la Réunion puisque la colonie comme les autres « vieilles colonies » des Antilles et de Guyane devient département français. Cette mesure qui en théorie met fin à la décolonisation a soulevé un immense espoir mais celui-ci sera vite déçu durant les années 50, et certains (le parti communiste réunionnais) se demandent s’il ne faut aller vers plus d’autonomie. Le début des années soixante marque un tournant par rapport aux années 50 et nous avons choisi cette date de 1963, car avec l’élection comme député de l’ancien premier ministre du général de Gaulle et père de la constitution de la V° République, Michel Debré, celui-ci va accélérer l’équipement du territoire pour l’ancrer définitivement à la France, et éviter ainsi la tentation autonomiste.


A) La situation au lendemain de la guerre

1°)Au niveau économique , la réunion est un territoire exsangue qui a été isolé pendant la 2° guerre faisant chuter la production de canne et il a fallu développer les cultures de subsistances (manioc, maïs, légumes..), la population soufre de sous-nutrition : quelques indicateurs pour illustrer la situation tragique des 2410000 Réunionnais : mortalité infantile 180 %0, espérance de vie 48 ans, indice de fécondité près de 7 enfants par femme, 29 médecins, à peine plus de 10% des « cases » sont équipées en eau courante et en électricité. Les infrastructures nécessaires au développement économiques sont presque inexistantes : 130 km de routes bitumées, le port de la rivière des galets est en très mauvais état, peu de production d’électricité, seul le train de St Benoît à St Pierre joue un rôle déterminant.
2°) Au niveau social, la grande masse des Réunionnais vivent dans la misère : les hommes sont « coupeurs de cannes », les femmes « à la case », mais une minorité extrêmement riches de planteurs et de sucriers profitent de cette situation : près de la moitié de la population est analphabète, et seuls les enfants des riches vont au lycée à St Denis (les fils Vergès et Raymond Barre par ex)

3°) Au niveau politique, la Réunion est une « colonie » dirigée par un gouverneur nommé par la métropole, assisté d’un conseil privée et d’un conseil général. Mais depuis 1848, les Réunionnais sont citoyens français : ils élisent deux députés et un sénateur au suffrage universel.



B) La départementalisation :

Il faut bien comprendre le contexte : en métropole, se réunit une Assemblée constituante pour donner une constitution à la France et aussi redéfinir la place de ses colonies. A cette Assemblée dominée par les partis de gauche, les députés des « vielles colonies » (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion) sont eux aussi de gauche voir d’extrême –gauche : Aimé Césaire poète et communiste martiniquais, et la Réunion a élu deux députés communistes Léon de Lepervanche et le docteur Raymond Vergès). Ces députés reprennent une vieille idée déjà présente sous la Première République, que ces « colonies », c’étaient la France et donc qu’elles devaient avoir le même statut que les territoires métropolitains. Mais en 1945, cette « assimilation » revendiquée avec la métropole a surtout un sens social : si ces colonies deviennent des départements alors les lois sociales, en particulier celles du Front Populaire de 1936 et les nouvelles décidées par le Gouvernement Provisoire de République Française en 1944/1945 devront s’appliquer et donc les travailleurs verront leurs conditions de vie et de travail s’améliorer. On comprend donc que les représentants des planteurs et des riches étaient contre cette départementalisation ! Mais celle-ci est votée dans l’enthousiasme à l’unanimité des députés le 14 mars 1946 et la loi est promulguée le 19 mars 1946 : la Réunion n’est plus une colonie mais un département, c’est le tournant majeur de l’histoire récente du territoire : pour les Réunionnais, l’assimilation doit les sortir de la misère.


C) Les retards de la départementalisation et les désillusions

1) Dans l’après-guerre, la France connaît une situation difficile au plan économique (reconstruction), social (baisse du niveau de vie), colonial (début de la guerre d’Indochine et révolte à Madagascar qui intéresse plus les autorités que la Réunion), politique (guerre froide) et donc l’application de la départementalisation prend du retard : le préfet qui remplace le gouverneur Capagorry, n’arrive en août 1947 au lieu du 1°janv. 1947, et les lois métropolitaines qui auraient dû s’appliquer à cette date, le seront plus tardivement au cours des années 1947, 1948, 1949 (Sécurité sociale, Aide sociale, assurance vieillesse Allocations familiales…), mais le jeune département manque de fonctionnaires sur place pour faire appliquer cette politique d’où l’appel aux fonctionnaires métropolitains.
En janv. 1948, le cyclone le plus terrible du siècle s’abat sur l’île faisant 165 morts et 3 milliards de francs CFA de dégâts mais la métropole viendra en aide à la Réunion. Celle-ci sera appelée la « belle fille en haillons » de la métropole par un journaliste du journal parisien « Le Monde » qui effectuant un reportage en 1949, constate que la départementalisation n’avance pas vite.
Effectivement le bilan n’est pas extraordinaire pendant les années 50 sauf dans le domaine de la santé où avec de faibles moyens, le paludisme a pu être éradiqué et les taux de mortalité infantile et de mortalité ont considérablement baissé dans les 10 premières années de la départementalisation ce qui a eu pour conséquence un fort accroissement de la population car en même temps la natalité augmentait considérablement (baby boom).

2) La « bombe »démographique réunionnaise se met en place c'est-à-dire une croissance démographique exceptionnelle (transition démographique) qui va entraîner la modification de la société réunionnaise car plus de naissances et l’allongement de la durée de la vie cela signifie des écoles, des centres de santé donc l’essor des services publiques. Donc dès 1952 les autorités envisagent l’émigration de paysans réunionnais pour aller coloniser une région à Madagascar la Sakay, mais cela ne concernera que quelques centaines de personnes !

Le FIDOM (fonds d’investissement de l’Outre-mer) finance quelques projets comme la construction de la route en corniche à partir de 1953.


Cette lenteur de la départementalisation et ses effets va avoir des conséquences politiques capitales puisque la vie politique réunionnaise va se fonder sur de nouveaux clivages.




D) La revendication autonomiste face à l’attachement à la métropole


1) A la fin des années 50, les communistes réunionnais tout comme les communistes antillais qui avaient été les plus chauds partisans de la départementalisation vont changer de point de vue. Le contexte international est à la décolonisation et comme la départementalisation n’a pas encore sensiblement augmenté le niveau de vie de la population réunionnaise, il y a une désillusion vis-à-vis de la France et en 1956, deux députés sur 3 sont communistes dont le jeune Paul Vergès (fils de Raymond Vergès).

 

2) Les communistes réunionnais créent en 1959 le parti communiste réunionnais (PCR) et adoptent le mot d’ordre d’autonomie qui pourrait ouvrir la porte à l’indépendance. A l’inverse le général de Gaulle (qui revient au pouvoir en 1958) veut garder la Réunion dans l’ensemble français et promet d’accélérer les efforts de la métropole pour sa « belle fille en haillons ». Ainsi la vie politique réunionnaise va se focaliser sur la question du statut : autonomie du PCR que la droite qualifie de « séparatistes » (quitter la France pour se mettre au service de l’URSS) ou bien l’attachement à la France dans le cadre de la départementalisation (les » départementalistes »).


3) Le pouvoir gaulliste fait tout pour affaiblir les communistes : ordonnance de 1960 permettant de muter en métropole tout fonctionnaire proche des communistes ; élections truquées sur instructions du préfet Perreau-Pradier.

Mais cette politique trouve son aboutissement avec l’élection de 1963 de Michel Debré comme député, lui qui fut le premier premier ministre du général de Gaulle.


II 1963-1983 La modernisation accélérée de la Réunion sous Michel Debré


Pendant cette période de 20 ans la Réunion va changer de visage pendant que l’explosion démographique continue. Michel Debré en tant que député va obtenir des gouvernements gaullistes de 1963 à 1974 d’importants crédits (ce sont les 30 glorieuses) pour réaliser les infrastructures manquantes et en même temps, les Réunionnais vont bénéficier des transferts massifs de la métropoles par l’application des lois sociales même si le niveau des prestations est inférieur à celui de la métropole. L’opposition politique gaulliste /communiste se renforce et ceux-ci dans la revendication autonomiste vont poser la question identitaire de la Réunion en mettant l’accent sur le créole ou la musique réunionnaise surtout le maloya considéré comme la musique des esclaves.


A) le rattrapage (par rapport à la métropole)


Il se manifeste dans beaucoup de domaines

1) les infrastructures : c’est l’époque des « grands chantiers » :

Internes :route en corniche terminée en 1963, puis remplacée par une quatre voie en 1976 pour faire face à l’augmentation du trafic routier, bitumage des autres routes en particulier la route des plaines, centrale hydroélectrique de Takamaka inaugurée en 1968.

Externes aménagement portuaire avec la modernisation du port de la Pointe des galets pour faire face aux importations et extension de la piste de l’aéroport de Gillot pour accueillir des Boeing 747 car le tourisme et les relations avec la métropole se développent ; développement des équipements de télécommunications : pour la radio puis la télévision et la première liaison par satellite a lieu en 1978


2) Le rattrapage « humain » face à la pression démographique


a) Rattrapage scolaire : le nombre d’élève passe de 60000 en 1963 à plus de 175000 en 1983 : écoles primaires, puis collèges puis lycée : en plus de St Denis, lycées au Tampon, à St Paul, à St Benoît (Bouvet) puis création du Centre universitaire de la Réunion qui devient autonome en 1971 et en 1982 tous les jeunes de moins de 15 ans sont scolarisés, ce qui suppose un gonflement du corps enseignant (appel aux métro)


b) Rattrapage sanitaire arrivée de médecins, d’infirmières de la métropole. Extension des Hôpitaux à Bellepierre, Saint-Pierre, Saint Paul et clinique de Saint Benoît avec pour conséquence la baisse des taux de mortalité


c)Rattrapage pour le logement : la Réunion passe de 350000 habitants en 1960 à 516000 en 1982 : il faut donc construira de nouvelles habitations et rebâtir beaucoup d’anciennes cases !C’est le rôle de la SIDR de résorber les bidonvilles et de créer des habitations à loyer modéré, le quartier du chaudron est réalisée à partir de 1965 (cité Michel Debré), grâce au financement de l’Etat et les principales villes (St Denis, St Paul, St Pierre, Le Tampon) changent de visage avec leurs nouveaux quartiers de « banlieue ». Le confort s’améliore ; les ¾ des foyers ont l’électricité contre ¼ en 1960 !


B : la mutation économique


1) L’agriculture qui occupait presque la moitié de la main d’œuvre en 1960, n’en occupe plus que 15 % en 1982 ! La production de canne augment considérablement grâce à la modernisation et en même temps les grandes exploitations sont divisées. Le sucre est acheté à un prix supérieur au cours mondial grâce à la politique agricole de la CEE.

Le secteur secondaire ne se développe pas trop (quelques industrie de transformation : sucre et produits alimentaires importés) sauf pour le bâtiment (voir plus haut) Mais c’est le secteur des services publics qui se développe avec en même temps l’augmentation du taux d’activité féminine. Par contre le chômage augmente avec l’arrivée en age de travailler des générations d’après guerre alors que l’activité agricole ne crée plus d’emplois.

Mais grâce aux allocations de l’Etat Providence, le niveau de vie ne baisse pas : il augmente même : la Réunion devient de plus en plus assisté par la Métropole.


2) Pour enrayer ce phénomène le BUMIDOM (Bureau des migrations des départements d’outre-mer) fut mis en place en 1963, favorisant la mobilité de Réunionnais vers la métropole pour y travailler et se former, mais malheureusement cet organisme organisa le transfert d’adolescents vers la Creuse dans des conditions douteuses (action en justice de certains « enfants de la Creuse). Il existe donc une forte communauté réunionnaise en métropole estimée à plus de 2000000 personnes aujourd’hui.


C. La vie politique : l’affrontement sur la question du statut : une logique bipolaire


Michel Debré avait été pressenti par la droite locale comme rempart au parti communiste réunionnais et à son projet autonomiste. Il fera tout pour monter que la métropole est généreuse avec son département, et en même temps un intense propagande sera faite contre les communistes accusé séparatisme et pour entraîner la Réunion (position stratégique dans l’océan indien) sous l’influence soviétique Les fraudes électorales sont constantes, Vergés est condamné pour avoir dénoncé la « fraude officielle », puis il est acquitté.

1) Le parti communiste réunionnais dans sa stratégie d’autonomie met en valeur l’originalité culturelle de la Réunion, défense de la langue créole et surtout le maloya. Cette musique « des esclaves » portée par des groupes comme Zizkakan ou Basse Terre n’est pas à l’honneur sur les ondes officielles à la radio comme à la télévision. De même le PCR, dénonce les trop nombreux fonctionnaires « zoreilles ». Dans les années 70, le PCR progresse et il appelle à voter en 1981 pour François Mitterrand qui avait envisagé l’autonomie dans son programme. Mais les Réunionnais votent massivement pour Giscard d’Estaing (et son premier ministre Raymond Barre qui est Réunionnais) par peur d’ »être « largué » par la métropole en cas de victoire de F Mitterrand.


2) En 1982, la Réunion devient une région en plus d’être un département et il faut partager les attributions de chacun .Le gouvernement socialiste prépare un projet d’Assemblée unique à la place du département et de la Région. La droite voit dans cette assemblée une première marche vers l’autonomie. Elle combat ce projet que le gouvernement devra retirer car celui-ci est déclaré non-conforme à la Constitution par le conseil constitutionnel. Les départementalistes l’ont emporté sur les autonomistes


III DE 1983 à nos jours


Ce qui caractérise cette période c’est la rapide entrée de la Réunion dans la société de consommation avec une tertiarisation de l’économie, un chômage grandissant (30%) alors que la vie politique est toujours marquée par la violence et la corruption, même si l’affrontement bipolaire autonomiste/départementaliste semble s’être atténué.


A) La société de consommation sans le plein emploi


C’est au cours de années 80, 90 et au début du XXI) que les Réunionnais accèdent à un confort et un mode de vie comparable à celui des métropolitains :

1) Les grandes surfaces se répandent sur l’île à vitesse croissante et la boutique chinoise n’est plus fréquentée que par les plus vieux, les plus pauvres ou ceux qui n’ont pas de voiture.
2) Le chômage augmente avec l’arrivée des jeunes du baby boom, l’évolution du statut de la femme qui ne veut plus rester à la case d’autant que les jeunes filles sont de plus en plus diplômées et le changement économique de l’île). Avec plus de 30 % (record national !) de taux de chômage, la situation serait explosives si il n’y avait le RMI (crée par Michel Rocard en 1988), les diverses allocations, mais aussi le » travail au noir ». La société a vu se développer une classe moyenne réunionnaise entre la caste des riches qui est active dans l’importation et la grande distribution, et les plus pauvres dont les émeutes du Chaudron en 1991 qui firent au moins huit morts, avec pillage de magasins ont montré l’insatisfaction et le mal être.

3) L’économie est fortement tertiairisée (80% plus qu’en métropole), surtout par les services publics au particuliers adminstration, éducation, santé ; mais aussi la distribution et le tourisme qui s’est considérablement développé (plus de 4000000 par an). Le secteur primaire s’est réduit, production de canne reste élevée grâce à la modernisation et à un prix garanti, mais la diversification de l’agriculture n’est pas aussi importante qu’elle le devrait. Le bâtiment est un secteur dynamique, entraîné par la croissance de la population, l’augmentation du niveau de vie, mais pourtant il reste beaucoup à faire dans les logements sociaux.

4) Deux symboles de cette société de consommation : le Salon de la Maison et la progression fulgurante du parc automobile : 75000 en 1982 ; le double en 1990 soit 150000 et aujourd’hui 300000 ! Et aujourd’hui 70 % des ménages possèdent une automobile. Pas étonnant que les Réunion soit championne des embouteillages puisque le train a été supprimé en 1963 !


B) La population a connu de fortes mutations culturelles 


1) L’éducation a fait reculer l’analphabétisme et la radio et la télévision se sont répandues dans tous les foyers. (C’est d’ailleurs l’interdiction de la TV FREE DOM qui avait provoqué l’explosion du Chaudron) L’essor des portables et d’Internet date vraiment du début du XXI° siècle : la Réunion est entrée dans la mondialisation. La religion chrétienne structure toujours société, même si s’amorce le déclin de la pratique concurrencée par les rites de la société de consommation.

2) On assiste comme partout dans le monde à un renouveau de valeurs identitaires : culture « Tamoul » succès de Bollywood ; renouveau de la musique réunionnaise, affirmation par certains des leurs traditions cafres ou chinoises et bientôt sera crée une Maison de la civilisation et des cultures réunionnaises dont la légitimité est discutée !

3) Cette entrée rapide dans la société de consommation, et le changement de la famille traditionnelle déstabilisent certains Réunionnais et les actes de violence en particulier envers les femmes mais aussi pour régler des conflits font la « une «  des journaux ce qui traduit le mal-être d’une partie de la population masculine qui a perdu les repères d’entant sans accepter les nouvelles normes.


C) La vie politique a été encore marquée par les questions de statut


1) En 1999, la majorité des parlementaires réunionnais donne son accord à un projet gouvernemental de bi départementalisation (comme en Corse) afin de mieux rééquilibrer le territoire réunionnais. Mais face à un mobilisation de la droite en 2000 contre ce projet (150000 personnes manifestent à St Denis : « coup’pa’nou »), les députés retirent le projet.


2) Aujourd’hui l’opposition politique droite/ gauche se traduit au niveau institutionnel puisque la majorité du conseil régional est à gauche (Vergès président) alors que la majorité du conseil général est à droite (Nassima Dindar présidente), ce qui nuit au développement de l’île : ex le refus du projet du « tram train » par le conseil général car c’est une proposition de leurs adversaires du conseil régional !


D) L’ouverture

Mais la Réunion est intégrée à l 'U.E. au titre des Régions ultra périphériques (RUP) et reçoit des financements pour ses investissements et des prix garantis pour le sucre . Elle fait aussi partie de l’espace de l’océan indien et depuis 1986, elle est admise à la COI Commission de l’Océan Indien qui cherche à développer la coopération économique culturelle sanitaire entre les Etats voisins.


Conclusion


Avec 7500000 habitants aujourd’hui, un million vers 2030, la Réunion n’a plus rien à voir avec celle de 1945 : la structure économique a changé (la canne est une activité résiduelle) et c’est le tertiaire qui fournit plus de 80% des emplois. Le tourisme s’est développé dans l’île intense » mais la concurrence touristique à l’échelle mondiale es forte (Maurice, Seychelles, Antilles, Afrique Orientale…) Territoire sous-développé en 1946 alors qu’aujourd’hui, les Réunionnais ont un niveau de vie élevé malgré d’énormes différences entre les plus riches et les plus pauvres et même s’il est encore inférieur à celui de la métropole prise dans son ensemble. Le fort niveau de chômage (30%) est tempéré par les bénéfices de l’Etat-Providence mais pour combien de temps car celui-ci est de plus en plus remis en cause ? La population bénéficie d’un bon niveau formation et grâce aux nouvelles technologies de la communication elle est « ouverte » sur le monde. Pourtant les jeunes diplômés auront du mal à trouver du travail sur l’île : l’émigration (temporaire ou définitive) vers la métropole, l’U.E. (car l’appartenance à l’UE est une chance pour la Réunion), ou dans les pays voisins de l’Océan indien s’avérera nécessaire, mais les mentalités ne semblent pas prêtes : l’attachement à l’île est très fort et la logique d l’assistanat freine bien des initiatives.



PS : VOUS POUVEZ UTILISER DES CHIFFRES ET DES DONNEES DE LA REUNION DANS TOUT SUJET SUR L’EVOLUTION ECONOMIQUE, SOCIALE ET CULTURELLE DE LA France !














 



Par jp guillerot - Publié dans : REUNION
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Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /Nov /2008 07:14
Ce sujet est tombé l'an dernier en composition  (majeure histoire)mais il peut tomber en commentaire de doc si majeure histoire ou on peut vous mettre des documents en mineur histoire car il y a beaucoup de documents pendant cette période donc pas d'impasse !
 

LES RELATIONS entre les EU et L’URSS de 1945 A 1991


Intro : Unis avec la GB contre l’Allemagne et le Japon, les EU et l’URSS ont assuré la victoire des Alliés contre l’Axe (Allemagne, Japon, Italie). Durant la guerre malgré l’opposition profonde entre les deux régimes, les liens avaient été étroits : rencontres des dirigeants Staline et Roosevelt à Théréran en 1943, puis surtout à Yalta en février 1945 pour préparer l’après guerre. De plus les Soviétiques avaient bénéficié de livraisons d’armes américaines ainsi que de la loi prêt-bail (crédits américains avantageux). Il s’agissait de vaincre l’ennemi commun et l’esprit de la « grande alliance » se manifeste encore lors de la création de l’ONU en 1945. Pourtant une fois la guerre terminée (mai 1945 en Europe) des signes de défiance apparaissent : les Américains suppriment la loi prêt-bail aux Soviétiques et les Soviétiques ne respectent pas les accords de Yalta en Europe orientale (les élections ne sont pas « libres »). Ainsi dans le monde de l’après guerre, l’alliance va se rompre car ces deux régimes sont antagonistes (capitalisme contre communisme) et chacun d’eux représente un système qu’il offre aux pays du monde comme un modèle à suivre. Cette rivalité ira grandissant et un journaliste américain va la qualifier de « guerre froide », c’est-à-dire une rivalité violente, politique, militaire, idéologique et culturelle mais sans qu’il y ait de conflit direct entre les deux grands vainqueurs. Pourtant chacun d’eux intervient dans les conflits localisés qui peuvent donc à tout moment dégénérer en conflit direct et en conflit nucléaire avec les conséquences funeste pour la planète ! Le monde devient bipolaire.

Cette rivalité va durer pendant toute la 2° moitié du XX° siècle et elle sera la trame des relations internationales pendant cette période. Mais nous devons distinguer différentes phases : d’abord de 1945 à 1962, la mise en place de la guerre froide avec des crises violentes et la formation des blocs. Puis à partir de la crise de Cuba en 1962, s’ouvre une période de « détente » entre les deux grands qui se prolonge jusqu’en 1975, mais cette date marque un tournant puisque l’antagonisme va s’accentuer pour s’atténuer enfin dans la deuxième moitié des années 80 et c’est l’effondrement de l’URSS en 1991 qui mettra fin à la guerre froide et les Etat-Unis auront finalement gagné cette drôle de guerre.

Naissance et apogée de la Guerre froide (1945-1962)


Dès la fin de la guerre, à la conférence de Potsdam, l’ambiance n’est plus à l’alliance comme à Yalta quelques mois plutôt. La méfiance s’est installée entre Truman le nouveau pt démocrate américain qui vient de succéder à Roosevelt et Staline le dirigeant communiste. Ce dernier ne respecte pas les termes de Yalta sur les élections libres dans la partie orientale de l’Europe occupée par l’armée rouge. De même en Grèce, une guerre civile oppose les communistes grecs (aisés par l’URSS) aux nationalistes aidés par les EU qui finalement triompheront. L’alliance est bien finie et Churchill l’ancien premier ministre conservateur du Royaume Uni prononcera à Fulton (Missouri) en mars1946, un discours dans lequel il indique qu’un « rideau de fer » est tombé en Europe orientale , que celle-ci connaît peu à peu l’ordre communiste imposé par Staline. Il appelle donc les Américains à réagir !

  1.  

    A, L’année 1947 : année de la rupture : Truman et Jdanov

1) a)La réaction a lieu en mars 1947, c’est la doctrine Truman par laquelle le pt américain indique sa vision du monde : celui-ci est coupé en deux. D’une part les pays démocratiques avec à leur tête les EU qui reposent sur la volonté de la majorité exprimée lors des élections (démocratie), d’autre part, les pays totalitaires (l’URSS et les pays de l’Europe de l’est où une minorité (les communistes) imposent leur loi à la majorité en truquent les élections. Les EU ont donc pour mission de tout faire pour éviter la propagation du communisme dans le monde. Il s’agit de l’endiguer  (« containment »), et cela va être le fondement de la politique étrangère américaine de 1946 à 1991. Pour contrer le communisme les EU utiliseront deux moyens : l’aide économique ,la création de systèmes d’alliance militaireet des interventions militaires par l'intermédiaire d'autres pays.

b) Ainsi le 5 juin 1947 le plan Marshall (nom du secrétaire d’Etat américain) propose d’aider à la reconstruction des pays européens. Il est rejeté par l’URSS qui oblige les pays de l’Europe de l’est à le refuser ; il est accepté par 16 pays d’Europe occidentale qui se relèveront ainsi plus facilement de la guerre grâce à l’aide américaine.

2) L’URSS répondra quelques mois plus tard en oct. 1947 par la doctrine Jdanov le responsable à l’idéologie du PC de l’URSS). Pour l caui aussi le monde est divisé en 2 camps : le camp « anti-impérialiste » avec à sa tête l’URSS, les démocraties populaires d’Europe orientale, les partis communistes du monde entier, les ouvriers et les mouvements nationalistes dans les colonies qui cherchent à obtenir l’indépendance. En face, le camp « impérialiste » (les « exploiteurs capitalistes ») avec à sa tête les EU et ses alliés en particulier les puissances coloniales que sont la GB et la F. Par le Kominform (bureau d’information des partis communiste), le PC de l’URSS dirigera tous les partis communistes.

B. Les deux blocs vont donc s’affronter d’abord en Europe puis en Asie.

1) En Europe, après le « coup de Prague » en fév.1948, lorsque les communistes

tchèques prennent le pouvoir illégalement, les Occidentaux (EU, GB, F), vont unifier leurs zones d’occupation en Allemagne et y instituer une monnaie commune (le Deutsch mark). Les Soviétiques répliquent par le blocus des voies terrestres qui accèdent à Berlin ouest, dans le but de faire partir les Occidentaux de Berlin, mais grâce à un pont aérien américain, le blocus échoue et en 1949, l’Allemagne sera divisée par la guerre froide. Les Occidentaux créent en mai 1949 la RFA (République Fédérale d’Allemagne) capitaliste (capitale Bonn) et en Octobre la Soviétiques créent la RDA (République Démocratique Allemande) qui vient s’ajouter aux autres démocraties populaires de l’Europe de l’est.


2) En Asie, l’arrivée au pouvoir du communiste Mao Zédong en Chine (oct. 1949), alors que son rival nationaliste Tchang Kaï Tchek s’enfuit à Taiwan où il crée la Chine nationaliste, change les données géopolitiques : le communisme progresse et dans la Corée qui était comme l’Allemagne divisée en 2 zones d’occupation (Soviétique au nord, américaine au sud) ; la Corée du nord soutenue par la Chine communiste attaque la Corée du sud en juin 1951. Les Américains profitent du boycott du conseil de Sécurité de l’ONU par l’URSS pour faire voter une intervention militaire qu’ils dirigeront au nom de l’ONU. C’est la guerre de Corée.

Ce conflit de 3 ans faillira dégénérer en 3° guerre mondiale et en affrontement direct entre les EU et l’URSS quand le Gl MacArthur proposera d’utiliser la bombe atomique américaine contre la Chine. Il sera limogé par Truman et finalement l’armistice sera signé en 1953 : la Corée restera divisée en 2 (elle l’est toujours !)

C) Les 2 grands va former deux blocs d’alliance.

1) Les EU proposent aux pays de l’Europe de l’ouest le Pacte de l’Atlantique nord (avril 1949) complété par une organisation militaire (l’OTAN en 1950) sous commandement américain et qui protège leurs alliés en cas d’agression de l’URSS ; Il font de même en Asie avec l’OTASE et signent un traité avec le Japon en 1951

2) L’URSS renforce aussi son camp : en 1949, le CAEM (Conseil d’Aide Economique Mutuelle ou COMECN en anglais) intègre économiquement les démocraties populaires de l’Europe de l’est à l’espace soviétique et en 1955, c’est l’intégration militaire avec le Pacte de Varsovie réplique du Traité de l’Atlantique nord !

3) Ainsi avec la « guerre froide », les deux grands vont entrer dans une compétition pour la course aux armements : les Etats-Unis tout en ayant la suprématie (bombe nucléaire A en 1945, bombe H en 1949, puis les Soviétiques acquièrent aussi ces armes terrifiantes et la course aux armements de plus en plus puissants grâce aux missiles qui peuvent atteindre le territoire de l’adversaire va être constante pendant toute cette période. La progagande se déchaîne dans chaque camp : « chasse aux sorcières » (cad aux « communistes » aux Etats-Unis, dénonciation des Etats-Unis dans les pays européens par les partis communistes en Europe occidentale et surtout mainmise des Soviétiques dans les pays de l’Europe orientale avec procès et assassinats pour ceux qui s’opposent à Moscou

  1. D,Les changements à partir de 1953

    L’année 1953 marque une inflexion dans les relations EU-URSS, car le dictateur soviétique Staline meurt et la guerre de Corée n’a pas débouché sur une guerre mondiale. Le successeur de Staline, Khrouchtchev propose aux EU, la « coexistence pacifique » cad non pas la fin de la rivalité mais la compétition doit se développer dans le domaine économique et scientifique afin de rattraper l’adversaire puis de le dépasser.

En 1956 Soviétiques et Américains éprouvent quelques difficultés dans leurs propres camps : depuis la révélation des crimes de Staline par K au XX° Congrès du parti communiste de l’URSS en oct. 1956, il y a des oppositions dans les pays de l’est comme l’insurrection hongroise noyée dans le sang en 1956 par les troupes du Pacte de Varsovie. En même temps dans l’autre camp, Les EU doivent tempérer leurs alliés britanniques et français qui attaquent l’Egypte après la nationalisation du canal de Suez et leur faire arrêter cette guerre qui détruit l’image du camp « occidental «  dans le Tiers monde. Même si la course aux armements prend une ampleur inégalée avec la conquête de là l’espace (humiliation des Américains par les Soviétiques qui lancent le premier satellite et le premier homme dans l’espace !), les dirigeants se rencontrent pour la première fois depuis la 2° guerre.

E. LES CRISES DU DEBUT DES ANNEES 60.

Mais en ce début des années 60, marquées par la décolonisation qui affaiblit le camp des EU, l’URSS pense que le communisme a le vent en poupe et elle se sent en position de force par rapport aux EU.

1°) Le mur de Berlin, C’est pour cela qu’elle fera construire en août 1961, un mur séparant Berlin est de Berlin ouest, verrouillant ainsi le rideau de fer. Kennedy viendra à Berlin-ouest dire « ich bine in Berliner » montrant ainsi que les Américains n’accepteraient jamais que les Soviétiques prennent Berlin-ouest.

2° La crise de Cuba. Un an plus tard, les Soviétiques vont profiter de la révolution de Fidel Castro qui est antiaméricain et qui prend le pouvoir à Cuba, pour installer des missiles nucléaires qui pourraient facilement atteindre le territoire américain. Lorsqu’en oct. 1962 Kennedy demande solennellement à la TV que Khrouchtchev retire ses missiles tout le monde croit à un conflit direct entre les 2 grands : à la 3° guerre mondiale ! Finalement Khrouchtchev recule mais les EU s’engagent à ne pas renverser le régime de Castro. Cette crise qui fut la plus grave entre les 2 Grands inaugurera une nouvelle période : la Détente de 1962 à 1975

La DETENTE 1962-1975


Celle ci va durer presque 15 ans et elle capitale. En effet la guerre froide continue comme en témoigne la course aux armements et le fait que Soviétiques et Américains veulent attirer à aux les nouveaux pause indépendants mais ils essayeront de tout faire pour que les conflits localisés ne dégénèrent pas en conflit mondial qui serait une guerre nucléaire terrible. C’est pour cela qu’après la crise de Cuba, ils ont installé le « téléphone rouge » entre Moscou et Washington, pour que les dirigeants puissent se concerter rapidement en cas de crise grave.

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    A.Les causes de la détente

Ce « réchauffement » des relations entre eux s’explique aussi par le fait qu’ils doivent tenir compte des voix du Tiers-monde dont une partie prône le non-alignement sur tel ou tel camp, même si l’URSS traditionnellement anticolionaliste profite plus de la décolonisation que le camp américain. De plus certains de leurs alliés sont moins fidéles. De Gaulle marque ses distances vis-à-vis des Américains en se retirant de l’OTAN ; et les Soviétiques doivent faire face à la révolte en Tchécoslovaquie en 1968 (le « printemps de Prague ») qui cherche un socialisme à « visage humain ». L’URSS est d’ailleurs fortement affaiblie par la rupture avec la Chine communiste qui se rapprochera ensuite des EU selon le principe que « les ennemis de mes ennemis sont mes amis » (voyage du Pt républicain Nixon à Pékin en 1973).

  1.  

    B. Les manifestations de la détente

Ainsi la rivalité apparaît moins forte que dans la période précédente : des liens commerciaux, culturels, sportifs, se nouent et la rivalité pour l’espace (Américains 1° sur la lune en 1969) ou aux Jeux Olympiques semble avoir remplacé l’hostilité guerrière !

Ce nouveau climat se traduira surtout par des négociations sur la limitation des armements stratégiques cad les missiles nucléaires à longue portée qui font des milliers de km. Les accords SALT 1(Strategic Armement Limitation Talks) sont signés en 1972 par le Pt républicain Nixon et le dirigeant communiste Brejnev, mais il ne s’agit pas de réduction des armements !


Cette Détente aura surtout permis d’éviter que les 2 grands conflits de cette époque dans lesquels Soviétiques et Américains soutiennent des camps opposés, ne dégénèrent en conflit mondial.

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    C .La détente permet aux deux grands de « gérer » les 2 conflits mondiaux

1) Au Vietnam, les EU aident depuis le milieu des années 60 le Vietnam sud qui doit faire face aux maquisards communistes du sud (les Vietcongs) et aux infiltrations des communistes du Vietnam nord. La guerre s’intensifie, plus de 500000 soldats américains, des bombardements massifs sur le nord Vietnam, au Laos, au Cambodge. Mais les communistes vietnamiens sont aidés par l’URSS et la Chine et donc le risque est grand que ce conflit localisé ne dégénère en 3° guerre mondiale qui serait un cataclysme nucléaire. Mais précisément, du fait de leurs nouveaux rapports, Soviétiques et Américains savent jusqu’où il ne faut pas aller. Le président Nixon et son conseiller pour la politique étrangère Kissinger prennent conscience du coût économique élevé de la guerre et de l’image désastreuse (importante couverture médiatique par les photos et la TV) des EU dans le monde (les EU sont accusés d’être les »assassins » d’un peuple héroïque). Ils proposent donc aux Soviétiques une politique réaliste : » on se désengage peu à peu du Vietnam mais en même temps, vous les Soviétiques vous devez modérer vos alliés arabes qui sont en conflit avec Israël »¨. Ainsi la détente permet un marchandage planétaire entre les deux Grands en évitant le conflit majeur. Les EU se retirent du sud -Vietnam en 1973, et finalement en 1975, le Vietnam nord communiste envahit le sud, le Vietnam est réunifié et communiste ; l’endiguement a échoué !

2) Au Proche Orient, les pays arabes n’ont pas accepté la création de l’Etat d’Israël en 1948, pourtant décidée par l’ONU et depuis ce temps ils cherchent à faire partir les Juifs de la Palestine. En juin 1967, lors du 3° conflit Israélo-arabe, les Israéliens sont victorieux en 6 jours ! de leurs voisins arabes et leur prennent des territoires : le Sinaï à l’Egypte, le Cisjordanie à la Jordanie et une partie de la Syrie. Ces sont les « territoires occupés » que l’ONU (donc avec l’accord des EU) enjoint à Israël de restituer. Les pays arabes soutenus et armés par l’URSS veulent leur revanche tandis que les Palestiniens de l’OLP entraînés par l’URSS commencent un combat terroriste « détournement d’avions, assassinat d’athlètes israéliens aux JO de Munich en 1972).
En oct. 1973, les pays arabes déclanchent une offensive pendant la fête juive du Kippour, mais après avoir progressé les Israéliens les repoussent et sont sur le point de gagner de nouveaux territoires : l’URSS menace et les EU font pression sur les Israéliens pour qu’ils arrêtent leur offensive. Pendant ce temps, les pays arabes utilisent l’arme du pétrole en multipliant par 4 le prix du pétrole brut jusqu’à la fin de l’année 1973 ! (cours sur l’évolution économique)


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    C. 1975 « apogée « de la détente.

Ainsi ces 2 conflits n’ont pas débouché sur un conflit direct et en 1975 la Conférence sur la Paix et la Sécurité en Europe à Helsinki en Finlande marquera la dernière manifestation de la Détente. Il s’agit d’éviter tout conflit à venir en Europe. Les Soviétiques obtiennent la reconnaissance des frontières issues de la 2° guerre et qui leur sont avantageuses. En échange, les américains obtiennent de l’URSS et de pays communiste de l’Europe de l’est qu’ils signent une charte sur les Droits de l’Homme que bien sûr ils ne pensent pas respecter !

1975 marque un tournant dans les relations entre les 2 grands : le Vietnam est devenu communiste, les droits de l’homme sont pas respectés en URSS, les EU sont affaiblis par la démission de Nixon en 1974 (Watergate) et donc les Américains ont l’impression que les Soviétiques ont profité de la Détente pour renforcer leurs positions dans le monde.

1975-1991 nouvelles rivalités puis fin du communisme en URSS

A. L’URSS marque des points dans le monde (1979/1979)

En effet l’URSS va utiliser les troubles liés à la décolonisation en Afrique pour augmenter son influence dans ce continent, principalement dans le sud, Angola et Mozambique qui viennent d’obtenir leur indépendance du Portugal et qui deviennent des pays sous influence soviétique grâce à la présence de soldats cubains. Ces « bases rouges » sont à proximité de la riche Afrique du sud soutenue par les EU mais qui risque d’être déstabilisée par une révolte noire contre la politique d’Apartheid, alors que le leader noir Nelson Mandela procommuniste est en prison.

De plus, les Soviétiques sont aussi présents en Ethiopie à proximité de la mer Rouge par laquelle transite le pétrole du Moyen-Orient.

A cela s’ajoutent les régimes « amis » d’Algérie et de Libye en Afrique du nord. Face à une telle progression de l’influence soviétique dans ce continent, les américains n’auront eu qu’un seul succès : le renversement d’alliance de l’Egypte, maintenant alliée des EU et qui signe un traité de paix avec Israël prévoyant la restitution du Sinaï par celui-ci en échange de la reconnaissance par l’Egypte du droit à l’existence de l’Etat juif.

L’année 1979
Mais ce succès des EU sera de courte durée car en 1979, en Iran la révolution islamiste chasse le régime du Chah qui était un fidèle allié des EU et pour le nouveau régime, les EU seront le » grand Satan «  qui sera d’ailleurs humilié par l’occupation de son ambassade à Téhéran. Même si les Soviétiques ne profitent pas de la situation en Iran car le communisme prône l’athéisme, ils se disent que l’affaiblissement américain leur permet de marquer des points dans cette région et en dec. 1979, ils envahissent l’Afghanistan sous prétexte d’aider le pouvoir procommuniste.


Cette invasion de l’Afghanistan par l’URSS aura des conséquences capitales. D’abord les EU la prenne comme une offensive communiste qui consomme la fin de la détente même si le traité SALT 2 signer la même année. De plus l’URSS commettra la même erreur que les EU au Vietnam puisqu’elle s’enlisera dans cette guerre qui lui fera perdre beaucoup d’amis dans le monde musulman, l’Afghanistan étant un pays musulman.


  1.  

    B .La réaction américaine

L’élection du Républicain Ronald Reagan fin 1981 avec comme programme : « América comes back » marque la volonté de passer à l’offensive contre le communisme et de faire reculer l’URSS de toutes les positions qu’elle a conquise pendant la détente. Reagan qui est un anticommuniste farouche (il a aidé Mac Carthy dans la « chasse aux sorcières » dans les années 50) ripostera sur tous les fronts : gel des relations commerciales mais avec quelques exceptions pour le blé américain ; boycott de manifestations sportives, mais surtout c’est dans le domaine militaire que la réaction sera la plus forte.

1)En Europe face aux missiles SS20 installés par l’URSS en Europe de l’est contre l’Europe de l’ouest, les Américains installent des missiles Pershing pour rétablir l’équilibre. Mais surtout Reagan relance la course aux armements avec son projet d’IDS (Initiative de Défense Stratégique ou « guerre des étoiles ») qui vise à la destruction dans le ciel de tout missile qui aurait l’Amérique du nord pour cible.

2)Pour faire reculer les Soviétiques dans le monde, il va aider grâce à la CIA, tous les mouvements qui luttent contre le communisme. En Afghanistan les EU arment les combattants à partir du Pakistan (un certain Ben Laden en fera partie !) et très vite les Soviétiques seront en difficultés. De même dans tous les territoires africains sous influence communiste des guérillas se développeront

3)L’URSS devra donc faire d’énormes dépenses d’armement pour riposter à l’IDS et à toutes ces offensives militaires mais sont économie est exsangue et c’est ce que comprend le nouveau secrétaire général du PC de l’URSS Michael Gorbatchev qui arrive au pouvoir en 1985.

  1.  

    C .On va assister à un tournant de la politique soviétique à partir de 1985 avec Gorbatchev

Gorbatchev veut réformer le système communiste pour le rendre plus efficace avec la glasnost (transparence) et la perestroïka (reconstruction) et pour cela il doit réduire les dépenses d’armement. Il propose donc de rencontrer le pt Reagan à Genève afin de revenir à la Détente. Celui-ci accepte finalement mais les Soviétiques s’engagent à réduire leur influence dans le monde, en Afrique, au Nicaragua et surtout en Afghanistan où ils se retireront en 1989 après 10 ans de guerre inutile ! Dans l’Europe de l’est, la révolte des ouvriers polonais de 1980 (soutenue par le nouveau pape polonais Jean Paul II) avait montré à Gorbatchev que dans ces pays les populations supportaient mal le communisme et il en a conclu qu’en cas de révolte, l’URSS, ne pourrait plus intervenir par la force comme en 1956 en Hongrie et en 1968 en Tchécoslovaquie, et donc que ces pays pourraient changer de régime ! De même en 1987 il se met d’accord avec Reagan pour réduire les missiles en Europe et tous les deux entament une négociation pour la Réduction des Armements Stratégiques et non plus seulement leur limitation comme pour les Accords SALT.

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    D. La fin du communisme soviétique 1989/1991

Le pouvoir de Gorbatchev est de plus en plus affaibli à la fois par la crise économique liée aux changements, au nationalisme de certaines républiques comme les pays baltes qui demandent leur indépendance, et surtout par un rejet de plus en plus grand du communisme en Europe orientale : en 1989, la Pologne, la Hongrie se donnent des régimes non communiste et le 9 nov. 1989, c’est la chute du mur de Berlin : le symbole de la guerre froide en Europe s’effondre, et en 3 mois, les régimes communistes disparaissent en Europe de l’est (Tchécoslovaquie, puis la Roumanie, puis Bulgarie) qui renversent le communisme ! L’Europe de l’est des Démocraties populaires communistes n’existe plus ! En 1990 l’URSS reconnaît la RFA unifiée. En Russie même le communisme est décrié et Boris Eltsine élu président de la République de Russie, incarne le changement vers le capitalisme et la démocratie et sa résistance au putsch des communistes conservateurs (en août 1991) fait de lui un héro. Le 25 décembre 1991 Gorbatchev démissionne de ses fonctions de Pt de l’URSS qui n’existe plus faisant place à 15 Républiques !

Conclusion

Ainsi la guerre froide se termine par la chute d’un des 2 Grands après 44 ans alors que quelques années auparavant cela semblait totalement impossible tellement l’URSS paraissait forte. Finalement les EU ont gagné la compétition grâce à la meilleure santé de leur économie et à leur système politique et économique qui favorise davantage l’initiative individuelle qui est la base de laproduction donc de la puissance. La guerre froide n’a pas conduit à une troisième guerre mondiale malgré les craintes que l’ont pouvait avoir à l’époque !

Le monde organisé en 2 blocs n’existe donc plus, les EU se trouvent en position dominante, seule super-puissance mais le monde est en fait multipolaire avec l'Europe qui cherche à s'affirmer, et surtout la Chine , bientôt l'Inde et le retour de la Russie.La Russie garde le siège de l’URSS au conseil de sécurité de l’ONU, mais c’est un Etat affaibli. Beaucoup pensaient qu’avec la fin de la guerre froide le monde serait moins dangereux mais c’est le contraire qui arriva car la disparition de l’équilibre des 2 camps a libéré des forces en particulier la poussée de l’islamisme radical qui a entrepris une « guerre chaude » (9 septembre 2001) contre les Etats-Unis et ceux-ci ont répliqué contre ce qu’ils considèrent comme le mal à l’échelle mondiale.




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Par jp guillerot - Publié dans : RELATIONS INTERNATIONALES (1944/1991)
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Samedi 4 octobre 2008 6 04 /10 /Oct /2008 18:53
 Note : ce cours sur la société française doit être appris  après le cours sur l'évolution économique et sociale du monde : c'est ce qui se passe à l'échelle de la France.
 Dans un sujet sur l'évoltution  à l'échelle mondiale, des exemples peuvent biensûr être pris dans le cadre français.

Vous devez faire une fiche à partir de ce cours

ECONOMIE, SOCIETE, CULTURE en France de 1945 à nos jours

 

Point méthode : Cette question peut faire l’objet de sujets de dissertation ( L’évolution de la société française de 1945 à nos jours ; La transformation de la société française …) d’ensemble documentaire et de documents en mineure histoire En Es on sera très sévère pour un tel sujet !

Il faudra parler bien sûr de l’évolution économique spécifique au cas français (on a déjà étudié la trame dans le chapitre sur l’évolution économique), mais dans un tel devoir ce n’est pas l’économie qui compte mais les transformations de la société qui sont liées à l’évolution économique (attention à ne pas trop développer l’économie en es, les profs d’histoire n’aiment pas cela, ce n’est pas un devoir de ses)

La population sera étudiée dans tous ses aspects, les transformations de la population active et le passage du plein emploi au chômage durable, la place des femmes, des retraités et des jeunes dans la société, les nouvelles familles liées au divorce et au concubinage qui n’ont rien à voir avec celles de 1945.

Un nouveau mode de vie fondé sur l’urbanisation, l’automobile et la consommation dont l’hypermarché lié au fast- food et aux complexes cinématographiques à la périphérie des villes en sont les symboles : nouvelles « cathédrales des temps modernes)

les mutations « culturelles » qui ont largement contribué à changer les mentalités : scolarisation et prolongement des études, culture de masse fondée sur la TV, le cinéma, la musique, les magazines ; avec bien sûr le déclin le a pratique religieuse et les nouveau rapports des individus au « religieux »

L’idée capitale c’est que la France a plus changée en 50 ans qu’en 200 ans !

Vous êtes bien placés pour le comprendre car la Réunion a connu ces transformations en accéléré depuis les anneés 80. Vous devez donc alimenter votre réflexion de l’étude de ce qui se passe autour de vous, de votre vie quotidienne en donnant des exemples.

 

I. Des 30 glorieuses à une croissance modeste génératrice de chômage (1945/nos jours)

1° partie sur la description de l'évolution économique en France qui est le reflet de l'évolution économique dans l'Europe riche

De 1945 à 1975, la France comme les autres pays développées à économie de marché et même plus que les autres connaît une forte croissance économique (5% par an), avec un chômage quasiment inexistant, le seul point noir étant l’inflation. Cette croissance s’explique par la reconstruction (plan Marshall), la modernisation de l’économie largement initiée par l’Etat grâce à la planification et au rôle des entreprises nationalisées. Entrée dans une concurrence plus vive avec ses voisins lors de la création de la CCE, les entreprises françaises se concentrent afin d’être plus efficaces et deviennent des entreprises multinationales et l’agriculture se modernise. La France tient un rôle de premier plan dans les transports ferroviaires et l’aéronautique, dans l’énergie avec la naissance du nucléaire, dans les constructions électriques (Thomson, CGE), l’automobile et les travaux publics. Cette croissance est soutenue par un marché intérieur dopé par l’augmentation de la population, , par l’aménagement du territoire (autoroutes, ports, essor urbain et aménagements touristiques) et par le Welfare state qui redistribue une partie de la richesse produite aux plus pauvres ;

Mais à partir de 1975, la croissance se ralentit (1 ou 2%) et donc le chômage grandit (vers les 10% aujourd’hui !) en même temps que l’inflation (la France doit en particulier acheter son pétrole de plus en plus cher). La France entre dans une période de difficultés, liées à une adaptation difficile à la nouvelle situation du monde marqué par la mondialisation. Des secteurs traditionnels qui employaient beaucoup de main d’œuvre connaissent de graves crises : mines sidérurgie, textile, habillement. La France connaît alors les plans de restructuration industrielle qui affectent de vieilles régions industrielles qui s’asphyxient et les délocalisations des industries de main d’œuvre. A l’inverse des entreprises de secteur de technologie à main d’œuvre hautement qualifiée sont en pleine croissance (nuclaire, électronique, aéronautique, biotechnologies. L’Etat intervient de moins en moins (privatisations, le plan ne joue plus un grand rôle) : le libéralisme a remplacé le keynésianisme comme doctrine des responsables politiques.

Toutes ces transformations économiques ont bouleversé la société française

 

 

II. Le grand changement social : une société en pleine mutation

Il s'agit de montrer que l'évolution économique précédente a boulversé la société

En 50 années, la société a plus changé qu’au cours des 2 siècles précédents 

 

Le premier changement c’est l’essor démographique : la France passe de 40 millions d’habitants à 63 millions aujourd’hui. ! Cette croissance est due à une forte reprise de la natalité (baby-boom) jusqu’au années 1960, mais depuis la natalité a baissé et avec un taux d fécondité de 1.8 enfant/femme les générations ne se renouvellent plus. Mais l’immigration a joué aussi un rôle dans cette croissance, immigration développée pendant les 30 glorieuses car on manquait de main d’oeuvre pour les travaux les moins qualifiés (bâtiment, mines, industries de base.) L’origine des immigrants a changé : plus de Portugais, de maghrébins et de gens d’Afrique subsaharienne Mais l’arrêt officiel de l’immigration en 1974, n’a pas empêché l’immigration clandestine et le regroupement familial a été autorisé. Le % d’immigrés (7%) est le même qu’en 1900, mais une partie de la société française à du mal à reconnaître comme Français les enfants de ces immigrés, de la 1°, 2° ou 3° génération ! (Progrès de l’extrême droite).

La France vieillit. Après avoir connu un maximum des – de 20 ans à la fin des années 1960 plus de 30%), aujourd’hui ce % n’est plus que de 25 % alors que celui des plus de 60 est passée de 17% à plus de 20%. L’augmentation de la durée de vie explique ce « papy-boom » qui pose bien des s. (sécurité sociale, retraite…)

 

Une société tertiarisée : les Français sont des salariés à plus de 80% mais la répartition par secteurs d’activité a complètement changé : le secteur primaire est passé de 40% à 7% ! C’est la « fin des paysans » et de la société rurale traditionnelle. Le secondaire a connu une évolution contrastée : augmentation jusqu’à la fin des années 1960, puis baisse régulière (crise des secteurs traditionnels, automatisation, délocalisations..) pour atteindre 20 % aujourd’hui. Les ouvriers existent mais se sont souvent des immigrés, des femmesPar contre explosion du tertiaire : de 30 à près de 80% : services publics (éducation, santé, administrations, transports) et services privés soit aux entreprises soit aux particuliers. Les femmes déjà présentent sur le marché du travail (33% en 1954) vont massivement investir le monde du travail (près de 50%) surtout dans le tertiaire et cela en liaison avec le grand mouvement d’émancipation féminine, même si elles sont moins bien payées que les hommes et accèdent moins à des responsabilités

 

Mais le cadre de vie de la population a changé : 80 % vivent dans des villes : c’est la fin de la France traditionnelle des villages liée à la civilisation rurale. Cette urbanisation se fait d’abord verticalement (cités avec des tours) dans les banlieues pour les plus modestes, mais maintenant elle se fait horizontalement avec le développement de banlieues pavillonnaires pour les plus riches jusqu’au anciens villages (rurbanisation), et avec de forts contrastes sociaux : c’est la fracture urbaine ! De plus ces villes sont reliées entre-elles par des réseaux de transport ferroviaire (tgv), autoroutier ou aérien ce qui fait que les Français sont de plus en plus mobiles et qu’ils ne vivent plus comme avant dans la région de leur famille.

 

Le niveau de vie a fortement augmenté depuis 1945,les Français même les plus modestes connaissent un niveau de vie qui n’a rien de comparable avec celui de leur parent (ils sont souvent propriétaires de leur habitation, et possèdent voiture, biens ménagers, équipement TV hi fi infrmatique.Portables etc. et partent en vacances même si près de 40% ne partent pas !

La société de consommation qui s’est mise en place dans les années1960 qui fut un temps contestée en mai 1968, triomphe aujourd’hui avec somme symbole les centres consommations périphériques (Hypermarchés où règne l'auto et le caddy). La publicité et le crédit développent un intense besoin de consommer tant des objets que des voyages et le succès des jeux d’argent en témoigne !  : "vivre c'est consommer" !!!!

 

Le chômage avec plus de 10% de la population active et 30% des moins de 25 ans est devenu le problème central de la société française. Il touche principalement les jeunes sans qualification, les gens proches de la retraite, les immigrés et les femmes. De plus les emplois précaires (CDI, emplois aidés, temporaires) et le travail à temps partiel se multiplient. La « révolte » des banlieues en oct 2005 et la mobilisation Anti-Cpe en 2006  témoigne d’une angoisse chez les jeunes qui savent qu’ils accéderont difficilement à des emplois durables et ils ont l’impression que même avec des diplômes, ils n’auront pas un véritable avenir professionnel. Pourtant les statistiques montrent qu’un diplôme professionnalisant est gage de réussite. Les politiques anti-chômage de droite comme de gauche semble avoir échoué.

 

 

 

Depuis 1975, la société s’est fragmentée.
Il s’est formé un ensemble d’exclus : chômeurs de longue durée, femmes élevant seule leurs enfants, jeunes sans qualification personnes âgées aux revenus modestes. Cette nouvelle pauvreté avec ses sdf (euphémisme !) pour qui chaque hiver est une angoisse et le combat pour les mal logés initié en 1954 par l’abbé Pierre est loin d’être terminé Les « resto du cœur » lancé par Coluche dans les année 1980 accueillent de plus en plus de gens et les allocataires du RMI sont plus de 3,5 millions ! En même temps, les plus riches deviennent de plus en plus riches et donc la société de consommation est donc plus ou moins ouverte certains peuvent s’y vautrer et d’autres en rêver  Mais en même temps l'"ascenseur social semble s'être arrêter et les enfants des classe moyennes n'auront peut-être pas une meilleure position que leurs parents.

III. Les nouveaux modes de vie

Il s'agit de voirs les transformation au niveau des modes de vie :famille,culture, religion, nouvelle culture de masse

La famille a été l’objet d’une transformation radicalesous l’effet d’une baisse de la pratique religieuse, de l’aspiration des femmes à travailler et à maîtriser leur corps (pilule en 1967, MLF 1970, i en 1975), de l’individualisme croissant. Ainsi le nombre des divorces a augmenté de façon spectaculaire (un mariage sur 2 dans les grandes villes) et dans le même temps les mariages étaient moins nombreux (essor du concubinage) ce qui fait qu’aujourd’hui plus d' un enfant sur 2 naît hors mariage alors que cela était très rare dans les années 1960. Le couple n’est plus une cellule stable et le nombre de familles monoparentales (femme seule avec les enfants dans 90% des cas) a explosé ce qui n’est pas sans conséquences sur l’éducation des enfants et des garçons en particulier (faible image de l’autorité paternelle). Le Pacs 1999 fournit les bases d’une union moins contraignante au le mariage et il est de plus en plus adopté par les hétérosexuels alors qu’au départ il répondait à une demande de couples homosexuels qui peut-être obtiendront le droit de se marier ! L'allongement de l'espérance de vie (80 ans pour les hommes/86 pour les femmes ) est un phénomènve décisif de notre époque, boulversant le rapport entre les retraités et les actifs ! Les personnes âgées surtout des femmes qui vivent de plus en plus séparées de leurs enfants connaissent soit des résidences pour personnes âgées pour les plus riches, soit l’isolement ou l’hospice pour les plus pauvres. Mais la fin du XX° siècle a vu apparaître une nouvelle catégorie d’âge : « les seniors » jeunes retraités, entre 60 et 70 ans qui dans les classes moyennes ont un niveau de vie confortable et qui peuvent aider leurs petits enfants et l'on parle du 4° âge pour désigner ceux qui ont plus de 80 ans...

 

Démocratisation culturelle et culture de masse

Alors qu’avant la seconde guerre l’enseignement après l’école élémentaire s’adressait aux plus riches, les années 1960 ont vu la démocratisation du collège et ensuite du lycée. En 1960 10% seulement d’une classe d’âge allait au lycée 75% aujourd’hui et l’université n’accueille plus de 2 millions d’étudiants dont la majorité n’auront pas leur diplôme ! Cette massification de l’enseignement n’empêche pas que chaque année des dizaines de milliers de jeunes sortent du système sans qualification, que l’illettrisme se répand alors que l’élite se reproduit facilement grâce aux filières de prestige comme les grandes écoles ou l'on trouve peu de jeunes issus des catégorie modestes même s'il ya des exceptions.

La culture de masse s’est elle aussi largement diffusée. Les vecteurs traditionnels comme la presse n’ont pas disparu le la presse magazine de défend très bien. Mais les révolutions technologiques dans le domaine de l’audio poste à piles dans années 60, baladeur, mp3 ont conquis les jeunes. Mais c’est avec l’audio visuel (la TV) que la culture de masse se diffuse. Alors que 10% des foyers avaient une télé en 1960, aujourd’hui c’est 95% et avec les satellites l’offre de programme est presque illimitée ! Les Français communient donc avec le reste de la planète lors des « grandes messes » que sont la coupe du monde de foot et les JO , ou assistent en direct à la chute du mur de Berlin, et des twin tower à NY ? Ou se délectent des histoires de Dallas ou de Rosa Linda (en créole !) ou Marina

Jeunes et moins jeunes écoutent énormément de musique dite de variété de tous les styles et les DVD et le home cinéma ont fait entrer le cinéma à la maison ! Même si les livres se portent bien on doit constater un risque fracture culturelle entre une élite qui lit, qui écoute de la musique classique qui va au théâtre et la grande partie de la population qui consomme essentiellement une culture TV / cinéma /internet/jeux vidéo/ plus des concerts musicaux de variété (les phénomènes jhonny et la Star Académie)

 

 

Sur le plan religieux, on assiste à une baisse de la pratique religieuse :
 3/4 des Français disent croire en dieu, contre un quart sans religion. Les catholiques représentent l’immense majorité (62%). La pratique a baissé (moindre fréquentation des églises et moins de mariages religieux) mais les chrétiens s’orientent parfois vers de nouvelles formes de spiritualité. L’islam avec plus de 6 millions de fidèles a largement devancé le protestantisme et est la deuxième religion en
France grâce aux populations du Maghreb ou d’Afrique noire et certains agitent la peur de l’Islam en liaison ave la montée du terrorisme islamiste. Le bouddhisme séduit de plus en plus mais on voit aussi le developpement de structures religieuses que l'on qualifie de "sectes"

D’ailleurs la question religieuse est revenue dans la société avec l’affaire du voile dans les écoles : la loi du 15 mars 2004 réaffirme les principes de laïcité et donc l’interdiction du port de tout signe religieux distinctif

Les Français de plus en plus inquiets de l’insécurité (réelle ou supposée), de la mondialisation, de la construction européenne adoptent parfois des comportements de repli sur eux-mêmes La xénophobie et le racisme sont vivaces parmi une large partie de ka population française comme en témoigne la présence de M Le Pen au second tour de l'élction présidentielle française en 2002. De même le communautarisme (sur une base « ethnique » : les juifs, les maghrébin, les noirs, les homosexuels…) se développe tout comme le régionalisme. O n veut de moins en moins dépendre de l’Etat tout en voulant qu'il paye et le sentiment national ne s'exerce que lors des sompétions sportives ! Toutes ces attitudes de repli sur soit  témoignent d'une peur d'affronter le monde à l'époque de la mondialisation. Ce phénomène qui touche tous les espaces du monde semble contradictoire avec le fait que jamais, les Français n'ont autant voyagé et que le métissage biologique et culturel est particulièrement fort en France (voir les créations foisonnantes des Français de banlieue issus de l'immgration qui enrichissent la chanson française )

Ainsi pendant un demi-siècle la France et les Français ont changé comme jamais ils n’avaient changé auparavant. Mais à l’euphorie des 30 glorieuses a succédé une mentalité de repli, de peur, de déclin en raison de l’incapacité à sortir du chômage et à proposer un avenir à une grande partie de la jeunesse qui se réfugie de plus en plus dans la consommation de drogues. Les Français doutent d’eux-mêmes alors même que les touristes étrangers vantent notre qualité de vie (La France est le pays le plus visité au monde) et que les entreprises françaises vendent leur savoir-faire dans la monde entier (leur efficacité fait qu’elles appartiennent de plus en plus à des capitalistes étrangers !) Les risque est que la société se fracture de plus en plus : on a parlé de fracture sociale (pour la pauvreté), de fracture urbaine (pour les « ghettos » des banlieues), de fracture générationnelle (pour le cpe), de fracture coloniale (pour expliquer le racisme vis-à-vis des minorités visibles) , tout cela fait beaucoup de « fractures », mais c’est peut-être une façon de voir trop pessimiste car l'histoire de France montre que les habitants de cette terre ont su malgré tout développer une manière de vivre ensemble que beaucoup à l'étranger nous envient !

 

 

 

Par jp guillerot
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